Astrologie - Notions de mythologie - Pascal Patry Astrologue strasbourg

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NOTIONS DE MYTHOLOGIE

L'astrologie : du mythe à la réalité

Un jour, Héra se promenait en compagnie de Zeus, son mari, quand elle vit, dans un champ de pierres près de Thèbes, un nouveau-né abandonné.

Emplie d'amour maternel, elle donna le sein à ce jeune bébé vigoureux, qui s'en empara avec tant de force que la déesse lâcha l'enfant. Mais Héraclès, car il s'agit bien de lui, avait eu le temps de boire le précieux breuvage. Et du même coup, il avait fait jaillir du sein d'Héra une traînée de lait qui devint la Voie lactée. Ainsi naquit notre galaxie...

Les dieux ont eu toutes les compétences, y compris celle de présider à la formation de notre univers. Pourtant, il faut bien le dire, leur passe-temps favori consistait surtout à s'occuper de la destinée des hommes. Ils échafaudaient leur vie, fomentaient leurs conflits, faisaient et défaisaient leurs projets. Ils allèrent même jusqu'à les priver de nourriture, en perturbant le climat.

Les dieux, aussi nommés Immortels, possédaient jadis tous les pouvoirs. Mais les connaissances évoluant et les civilisations se succédant, voilà que les hommes exproprièrent les dieux du mont Olympe et, bien plus, affirmèrent que les dieux n'existaient pas et que leurs pouvoirs, si puissants pour leurs ancêtres, n'étaient que du mythe, des histoires !

Le mythe, qui jadis chantait les exploits des dieux et des héros, devenait synonyme de mensonge. Mythe et réalité furent alors comme deux frères ennemis. Pourtant, les Immortels de l'Olympe ont laissé des empreintes indélébiles dans notre mémoire, dans notre culture.

En réalité, les dieux et les mythes nous parlent encore parce que ce sont des images, des symboles vivants en nous, dans notre inconscient. Et cet inconscient, qui existe depuis la nuit des temps en l'homme, dut se projeter pour se manifester et être nommé. C'est ainsi qu'en nommant les planètes, l'homme y projetait son inconscient. Même si certains doutent de l'influence des astres sur l'humanité, nous sommes sûrs, en revanche, de leur avoir donné un nom et des fonctions qui émanent de nous !

Symboles et archétypes

Le symbole est un processus mental qui représente une réalité externe par une image. Il entretient des rapports d'analogie avec le contenu qu'il évoque. Il dit toujours quelque chose d'essentiel qui ne pourrait être traduit par un autre moyen. Il constitue un langage inexprimable, un outil de la pensée affective.

Le symbole était autrefois ce qu'est pour nous le langage technologique moderne: la synthèse, graphique ou verbale, des principes fondamentaux d'une connaissance. Chez les Grecs, chaque planète est devenue un symbole, riche d'une foule de significations le long d'une échelle qui va de la vie physiologique de notre corps à nos sentiments les plus élevés en passant par nos instincts et nos passions. L'étude des rapports entre le ciel et l'homme s'est donc d'abord faite sous forme de symboles, et la signification symbolique conférée à chaque planète fit d'elle un archétype.

Les archétypes (littéralement: modèles primitifs), sont des images psychiques innées, des associations d'idées qui vivent au plus profond de notre âme et qui sont à l'origine des notions éternelles comme par exemple le héros, la beauté, l'enfant, l'amour... Valables pour tous les hommes, chaque être humain en fait pourtant une expérience individuelle et unique.

La notion d'archétype est particulièrement évidente en astrologie où l'on voit, en des lieux séparés, les mêmes idées associées aux mêmes planètes et dieux planétaires. Ainsi, la déesse Nana des Babyloniens se reconnaît-elle en l'Astarté des Phéniciens, l'Ishtar des Assyriens et l'Aphrodite des Grecs. Tous ces archétypes se rapportent à la planète Vénus, resplendissante de beauté, de jeunesse et de féminité. La loi des archétypes, qui dicte une même réponse psychologique à un même principe universel, incarna Vénus de façon similaire partout dans le monde.

Si l'astrologie a favorisé l'établissement d'un dialogue entre le monde et l'homme, c'est par le mécanisme de la projection qu'il s'est ouvert et que l'âme et ses dieux ont peuplé le cosmos. On en arrive ainsi à la conception de l'unité de l'univers, chacune des parties qui le compose entretenant une relation de résonance avec l'ensemble. Il est donc admissible que l'homme puisse se situer dans un rapport d'analogie avec les planètes.

Ce principe d'analogie se retrouve constamment dans les interprétations astrologiques. Un tel mode de pensée apparaît aux savants actuels comme une régression vers une vue infantile et archaïque. Mais qui nous dit qu'en réalité ce soi-disant infantilisme n'est pas justement le point de rencontre de l'homme et du monde, le champ vierge des bases de la vie universelle ?

Un regard sur chacune des planètes connue des Anciens peut donner une idée de la genèse de ces symboles. Mercure apparaît toujours comme un petit point lumineux qui se déplace en boucles serrées, rapides, et ce mouvement de boucle contraste avec le rythme en dents de scie, bisannuel, de Vénus, plus lente, mais plus brillante. Mars, braise rougeoyante au cycle de deux ans, flamboie périodiquement en approchant brusquement de la Terre dont il s'éloigne aussitôt. Jupiter, en revanche, énorme et splendide, parcourt le zodiaque à pas mesurés, cependant que Saturne, lanterne sourde, la plus lointaine des planètes visibles et la plus lente, poursuit autour des cieux un laborieux voyage de trente ans.

Ces caractéristiques sont à la base de cet ensemble complexe d'archétypes, les dieux planétaires, dont les principes cosmiques affectent le monde céleste et le celui des hommes.

Planètes et mythes.

L'étude des planètes, par le biais de leurs dieux et de leurs entités psychiques (ou correspondances psychologiques), revêt une grande valeur astrologique. Elle dévoile notre structure interne, notre potentiel et nos limites.

Nous verrons, pour chaque planète, le dieu qui lui est associé, ainsi que l'entité psychique et la valeur astrologique correspondantes. Cela vous permettra d'établir des liens entre ces trois facteurs. De plus, nous analyserons brièvement la signification du glyphe associé à chaque planète. Mais avant, établissons une relation entre les deux astres les plus importants, les maîtres du jour et de la nuit, du conscient et du subconscient: le Soleil et la Lune.

Les deux luminaires

Les deux luminaires, le Soleil et la Lune, se partagent les royaumes du jour et de la nuit et représentent les pôles opposés, positif et négatif, de toute manifestation. Yang et yin des Chinois, ils déterminent le masculin et le féminin, l'actif et le passif. Considérés tantôt comme opposés, tantôt comme complémentaires, la mythologie élabora autour d'eux une paire complexe d'archétypes.

Le Soleil est conscience, partie éclairée de l'esprit, et la Lune intuition, subconscient. Toutefois, dans un horoscope masculin, le Soleil correspond à la personnalité extérieure et consciente de l'individu, tandis que la Lune signifie son anima, la féminité inconsciente en lui. Inversement, dans un horoscope féminin, alors que la Lune correspond à l'aspect conscient de l'être, le Soleil constitue son animus, la masculinité inconsciente.
Après avoir étudié les deux luminaires en tant que couple, voyons maintenant les dieux qui leur sont associés.

SOLEIL-APOLLON

Le dieu

Le Soleil, brillant dieu du jour, fut diversement représenté: flamboyant œil de Dieu, char de feu, ou encore sphère ailée, incandescente... Au temps des Grecs, on voit tous ses noms et toutes ses images se résoudre dans l'archétype d'Apollon, jeune homme aux cheveux d'or dont personne, hormis le juste, ne peut soutenir le regard aveuglant. Chargé parfois d'une lyre et d'un arc, il symbolise lumière et vérité: sa clarté pénètre les recoins les plus obscurs du monde et de l'homme.

Apollon est le dieu de la divination, de ces moments aveuglants de vérité qui peuvent changer toute une vie.

Fils de Zeus et de Léto, frère jumeau d'Artémis, Apollon est un dieu aux multiples talents. Il excelle en tout: médecine, astronomie, philosophie, mathématiques, poésie. Esthète, musicien accompli, et, avouons-le, assez arrogant, Apollon est aussi le dieu qui mûrit les fruits et le grain et organise les cités. Ennemi de la barbarie, sa devise est: "Connais-toi toi-même".

L'entité psychique

Le dieu Soleil est la divinité suprême, il représente l'autorité par excellence. Pour un psychologue, il répond donc au symbole du père.
La notion de justice se trouve étroitement liée au Soleil. Il est en effet le "père juste" qui luit pour tous et partage également ses biens. Il incarne les valeurs civilisées de l'homme.

De tous les dieux, Apollon fut peut-être le plus méconnu. C'est que l'homme veut s'ignorer lui-même. Qui de nous ose en lui-même affronter son Apollon, regarder en face sa propre vérité? Nous préférons vivre pour la plupart l'illusion lunaire, pâle reflet de la réalité.

Valeur astrologique

Beau, mais d'aspect terrible, Apollon représente le tréfonds du cœur humain, le centre lumineux de notre système solaire interne. D'où l'importance primordiale du Soleil en astrologie: il régit le moi essentiel, l'ambition, l'esprit, la volonté, la créativité, la générosité, la dignité. Mais ses traits négatifs l'associent également au culte du moi, à la condescendance, à l'orgueil, au goût du faste.

Le glyphe

Chacune des planètes est représentée par un symbole ancien, le glyphe. Ces glyphes furent élaborés par la combinaison de trois éléments que les astrologues nomment le Cercle de l'Esprit, le Croissant de l'Ame et la Croix de la Matière.

Le glyphe du Soleil est formé d'un cercle, image de totalité, et d'un point, foyer de la vie.

LUNE-ARTEMIS

La déesse

Artémis, déesse lunaire, naquit de l'union de Zeus et de Léto. Lorsque la femme de Zeus, Héra, apprit que Léto était enceinte de son époux, elle devint furieuse et jura que jamais Léto ne pourrait accoucher en aucun lieu éclairé par le soleil.

C'est donc sur la face nord de l'île de Délos, que Léto mit au monde sans douleur Artémis, qui aussitôt née aida sa mère à accoucher neuf jours plus tard de son frère jumeau Apollon.

À la suite de cela, Artémis devint la déesse des femmes en couches et protégea les naissances, les petits enfants et les jeunes animaux. D'une virginité farouche, Artémis fut une déesse chasseresse, symbolisant la dureté et la sauvagerie de la nature: ses attributs étaient un arc d'argent et un carquois rempli de flèches.

L'entité psychique

La Lune représente la personnalité extérieure chez la femme, et chez l'homme la féminité inconsciente. De façon plus générale, elle est le symbole de l'inconscient par opposition au conscient régi par le Soleil.

Par son action sur les marées et sur le cycle menstruel, la Lune est considérée comme la régulatrice et la maîtresse des rythmes. On lui attribue les automatismes, les habitudes, la tendance à établir des routines.

Valeur astrologique

Dans la plupart des mythologies, la Lune est simplement la compagne du Soleil, douée cependant d'une puissance égale, quoique passive. On la dit davantage réceptive qu'entreprenante. Son influence se fait surtout sentir la nuit et ses phases mensuelles favorisent une pulsion de croissance chez les plantes et les animaux.

Changeante, la Lune porte à la rêverie et à l'inconstance. Elle symbolise la mère, l'enfance, la mémoire, l'imagination.

Le glyphe

Le glyphe de la Lune est un croissant, symbole de l'âme, par opposition au cercle du Soleil, symbole de l'esprit.

MERCURE-HERMES

Le dieu

Zeus s'accoupla à Maïa, la fille du géant Atlas, et de leur union naquit le petit Hermès. Maïa emmaillota aussitôt son bébé de langes, mais dès qu'elle eut le dos tourné, Hermès grandit tout d'un coup, se déroba à ses regards et partit courir l'aventure.

Sa première aventure consista à voler le troupeau de génisses du dieu Apollon. Il en tua deux puis, avec leurs boyaux, il fabriqua une lyre qu'il échangea à Apollon contre son troupeau. Très ingénieux, Hermès inventa ensuite une flûte à l'aide d'un roseau, contre laquelle il reçut la houlette de berger d'Apollon.

Quand il arriva, tout jeune, à l'Olympe, Zeus lui attribua ses fonctions: dieu des échanges, du commerce, des artisans, des voyageurs, mais aussi des voleurs. Les Grecs le tenaient pour le plus avisé de tous les dieux et le plus polyvalent. Il inventa l'alphabet, la gamme musicale, les poids et mesures, l'astronomie, la boxe, la gymnastique et la culture de l'olivier. Il montra aux dieux de l'Olympe à jouer aux osselets et à faire du feu à l'aide d'un bâton.
Messager des dieux, souple, insinuant, avide de traiter des affaires, rapide, leste, nerveux, sans cesse en mouvement, Mercure savait prendre mille formes et parler toutes les langues. Intermédiaire entre les hommes et les dieux, il était capable d'influencer autant les uns que les autres. On avait besoin de ses services et il se tirait toujours d'embarras.

Hermès courait d'amourettes en passades. Proche du soleil, l'intérêt du moment, quel qu'il soit, déteignait sur lui comme sur un caméléon. Il adoptait promptement les mœurs de ceux, hommes ou dieux, qui l'entouraient. Moins soucieux des conséquences que de l'excitation présente, il était un messager ingénieux, mais irresponsable.

L'entité psychique

Mercure joue un rôle capital dans la vie psychique de l'homme. C'est lui qui, agissant sur les faits conservés par la mémoire, les modifie, les reconstruit en une synthèse personnelle. Il bâtit ainsi le monde intérieur de l'individu.

Mercure est le maître des associations d'idées, car il représente essentiellement un lien, un principe de relation universelle. Il assure la liaison entre les différents "noyaux", ou facultés de l'âme, correspondant aux douze grands dieux de la mythologie. Il est donc un facteur d'unité.

Valeur astrologique

En astrologie, Mercure est rattaché à l'agilité intellectuelle, à la communication, aux connaissances générales, à la dextérité et au savoir-faire.
Voici quelques-unes des nombreuses significations qui lui sont attribuées:

• parole et écriture
• relations humaines, commerce
• moyens de transports et déplacements
• vivacité, prestesse, désinvolture
• vol, lucre, escroquerie, hypocrisie

Le glyphe

Le glyphe de Mercure est constitué d'une croix surmontée d'un cercle, lui-même surmonté d'un demi-cercle. Il unit ainsi la pensée, l'esprit et la matière, mais avec une primauté pour l'intellect.

VENUS-APHRODITE

La déesse

La naissance de Vénus, l'Aphrodite grecque, demeure mystérieuse. Elle serait née de l'écume des flots formée autour du membre coupé d'Ouranos, tombé dans la mer après avoir été châtré par Cronos. Zéphyr, le vent embaumé de l'ouest, la posa délicatement dans une conque de nacre et l'emmena sur l'île de Chypre. Dès qu'elle mit pied à terre, l'herbe et les fleurs poussèrent sous ses pas. Depuis, Aphrodite a le pouvoir de fertiliser les champs.

Le jour où Aphrodite parut à l'Olympe, tous les dieux furent transportés d'admiration devant elle. Il n'y eut aucune hésitation: Aphrodite devint la déesse de la beauté et de l'amour et, par conséquent, de l'art et de la volupté.

L'image-archétype de Vénus est celle d'une jeune femme vigoureuse et nue. Amoureuse de la bonne chair, du confort et du plaisir, elle abhorrait privations et laideur. Elle personnifiait les pouvoirs de l'instinct, l'attraction et la répulsion.

Vénus toucha autant les dieux que les mortels. Elle régna sur l'amour, la passion, les infidélités, les mariages et les ententes. Elle seule sut insuffler les caprices, la sensualité et le désir en tout être vivant.

L'entité psychique

Considérée comme la maîtresse de Mars, avec lequel elle trompait son époux Vulcain, Vénus représentait en fait les qualités féminines exactement opposées aux qualités masculines de Mars.

Vénus forme l'un des pôles d'un "centre d'énergie psychique", pôle des impulsions amoureuses et de toutes les tendances qui poussent l'être humain vers son semblable. On ne saurait, en réalité, la dissocier de Mars: l'amour et la guerre ne sont peut-être que les deux aspects d'une même réalité. L'un comme l'autre représentent une conquête, une prise de possession; ici et là, on résiste ou on capitule. L'instinct sexuel, l'attrait du beau, l'enthousiasme, la ferveur et l'union mystique prennent naissance dans le "noyau" vénusien. Mais la destruction martienne en demeure bien proche...

Valeur astrologique

Vénus est associée à l'harmonie, l'art, la beauté. Elle incite à l'amour, aux plaisirs de l'existence. Symbole de douceur et de grâce, elle porte aussi à l'indolence, à la complaisance envers soi-même, à l'indécision et à la paresse.

Le glyphe

Le glyphe de Vénus, un cercle surmontant une croix, symbolise l'ascension de l'esprit sur la matière. Il est devenu l'emblème du sexe féminin.

MARS-ARES

Le dieu

Fils de Zeus et d'Héra, Mars, que les Grecs appelaient Arès, avait un caractère intraitable. Dieu de la guerre, il présidait aux combats, aux exercices militaires. Il passait pour un dieu cruel et sanguinaire, inexorable.

Méprisant toute forme de conciliation, il s'attira la haine de tous les dieux de l'Olympe. Son seul ami fut le terrible Hadès, dieu des enfers et de la mort. Il trouva aussi en Vénus le repos du guerrier...

Jaloux, bagarreur, volage, Mars peut toutefois revêtir un aspect plus sympathique: en tant que dieu agraire, il symbolise la fougue du printemps et on le considère comme le protecteur des moissons.

Les enfants qu'il eut de différentes femmes ne furent que des brigands, des bandits, des voleurs et des êtres violents.

L'entité psychique

Mars est l'autre pôle de ce «centre d'énergie psychique» que nous avons déjà signalé à propos de Vénus. La conjonction, en même temps que l'opposition des significations attribuées aux deux entités est telle qu'il faut, en vérité, parler d'un seul noyau bipolaire: à l'un des pôles, l'énergie indifférenciée prend l'aspect vénusien, féminin (Yin); à l'autre, elle devient martienne, masculine (Yang). Mais elle ne cesse d'être la même énergie condensée en un seul centre.

Les tendances agressives, la sexualité sadomasochiste, l'hostilité, la haine se rattachent au pôle martien. Mais la haine est proche de l'amour. Le couple Vénus-Mars conditionne l'existence et les aspects des rapports sociaux publics et privés.

Valeur astrologique

Mars, régissant les armes, favorise les militaires, les bouchers, les conquérants, les tueurs, les chirurgiens.
Mars apporte des querelles, des ruptures, de la violence. Il représente l'affirmation de soi agressive et incontrôlée, la passion de vaincre, mais aussi, en contrepartie, l'énergie, le courage et le besoin de réalisations.

Le glyphe
Le glyphe de Mars est formé de la Croix de la Matière, modifiée en une flèche, et dressée au-dessus d'un cercle pour représenter la domination du matériel sur l'esprit. Il est généralement considéré comme le symbole masculin universel.

JUPITER-ZEUS

Le dieu
Représenté par un colosse barbu, drapé d'un manteau bleu ciel, et brandissant des éclairs, emblèmes de son pouvoir, Jupiter, Zeus pour les Grecs, était le maître de l'Olympe. Fils de Cronos et de Rhéa, il avait pour frère Neptune, dieu des mers, et Pluton, dieu des enfers. Dieu de la lumière, du ciel et de la foudre; il domina l'univers après avoir détrôné son père Saturne.

Législateur, à l'origine de l'organisation des cités, de la famille et du destin des hommes, Jupiter était tout-puissant. Il pouvait prononcer des oracles; il savait tout, le passé, le présent et l'avenir. Ses voyages, fort nombreux, lui ont fait vivre de multiples aventures et ainsi engendrer de nombreux héros, en trompant Héra, sa légitime épouse.

L'entité psychique

Père des dieux et des hommes, Jupiter, dont le nom est l'équivalent de Dieu-père, correspond à toutes les grandes divinités des mythologies, représentations sublimées de l'image paternelle. En psychologie, on peut donc le considérer comme porteur des notions de Surmoi, d'autorité, d'idéal, de contrainte et de pouvoir social, ainsi que des attitudes de l'individu à l'égard de ces notions et de leurs manifestations.
Jupiter s'oppose à Saturne comme Vénus et Mars, ils forment un même «centre d'énergie». La mythologie fait de Jupiter le fils de Saturne. Jupiter représente l'expansion de l'individu, sa victoire sur le Père, l'équilibre du moi et du Surmoi. Saturne, au contraire, écrase et étouffe: c'est le triomphe du Père, le Surmoi détruisant l'expansivité du moi.

Valeur astrologique

Jupiter représente la sagesse qui illumine le monde, nous inspirant le désir de dépasser notre condition immédiate, sur un plan tant spirituel que matériel. Il est donc associé à la religion et à la philosophie, à la bienveillance, à la compassion, à la justice, à la loi et à l'honnêteté aussi bien qu'à la richesse et au prestige social.

Lorsque Jupiter occupe une position de force dans une carte du ciel, il fait les chefs, les administrateurs, les présidents, les princes et les rois, tous les dominateurs. Il mène au succès, à la réalisation des espérances et aux honneurs.

Mais au négatif, Jupiter incite aux actions démesurées, à l'extravagance, aux excès. Il conduit aussi à l'orgueil, à la mégalomanie à la vanité.

Le glyphe

Le glyphe de Jupiter - un arc de cercle s'élevant au-dessus d'une croix - symbolise le triomphe de l'esprit sur la matière.

SATURNE-CHRONOS

Le dieu

Saturne, ou Chronos, régnait autrefois sur le monde en tant que dieu du temps, avant que son fils Jupiter ne s'empare du trône. Dernier-né de Gaïa et d'Ouranos, le ciel étoilé, il voulut un jour gouverner l'univers. Sa mère avait encouragé son projet, car elle était lasse de voir tous ses enfants, les Cyclopes et les Titans, se faire enfermer au fond des enfers au Tartare, sous prétexte qu'Ouranos détestait les enfants.

Révolté contre son esclavage et désireux d'obtenir la toute-puissance, Saturne trancha les parties génitales de son père à l'aide d'une faucille que sa mère lui avait donnée. Ouranos fut ainsi réduit à l'impuissance et Cronos prit sa succession pour régner. Il épousa sa sœur Rhéa dont il eut six enfants, qui devinrent par la suite les dieux de l'Olympe.

Mais comme Chronos avait appris de son propre père que l'un de ses enfants le détrônerait, il les dévorait l'un après l'autre, sitôt nés. Sa femme Rhéa était furieuse, et lorsqu'elle donna naissance à son sixième enfant, Zeus, elle le remplaça par une pierre emmaillotée dans un linge pour le donner à manger à son mari. Ce dernier finit par se rendre compte du subterfuge, mais jamais il ne put trouver où son fils était caché. Quand Zeus atteignit l'âge adulte, il fit boire à son père un breuvage vomitif qui restitua tous ses frères et sœurs d'un séjour prolongé dans le noir. Il devint ainsi le maître de l'univers.

L'entité psychique

Saturne représente l'âge d'or perdu; il correspond en effet à la fixation à l'un des stades de l'enfance, au complexe ainsi constitué ou encore à la régression vers un état infantile.

Sur le plan de la conscience, Saturne interdit toute expansion. Il symbolise concentration de l'esprit, introversion. La timidité, la retenue excessive, certaines formes d'anxiété et d'angoisse, la méfiance, la soumission peuvent être rattachées à la nature saturnienne.

Saturne, nous l'avons dit, constitue avec Jupiter l'un des deux pôles d'un "centre d'énergie". Il manifeste comme lui l'entité paternelle et les réactions de l'individu à son égard. Mais au lieu de libérer et d'équilibrer, il maintient en tutelle et traduit le triomphe du Surmoi.

Valeur astrologique

Saturne signifie rétraction, avarice et pauvreté. Si Jupiter n'est jamais mesquin, Saturne par contre l'est toujours. Considéré comme maléfique, il favorise cependant ce qui relève de son domaine: les recherches minutieuses, les études longues et ardues, les travaux souterrains, les exercices de patience.

Saturne est tardif, temporisateur, ralentisseur. Il n'apporte pas de joie, mais labeur et peine. Il ennuie, fatigue, vieillit, déplaît.

Aux yeux du sage, il est le dieu de la compréhension et de l'expérience, et si sa faux de mort moissonne les générations, elle nous débarrasse aussi de la décrépitude et de l'inutile. Parce qu'il est le moins vagabond de tous les astres, qu'il a observé bien des fois tous les cycles, constance et prévoyance lui sont crédités. Mentor des nations et des individus, c'est dans les périodes de restrictions que se manifeste son influence, dont l'aspect positif est le maintien de ces traditions qui, dans l'adversité, conservent à une communauté son intégrité. Ses vertus sont la persévérance et la puissance de travail. Saturne peut indiquer l'adversité, mais souvent au service d'une approche plus réaliste.

Le glyphe

Le glyphe de Saturne allie la croix et l'arc de cercle. Mais c'est ici la croix qui domine, affirmant la suprématie de la matière sur l'esprit et ramenant les idéaux au niveau de la réalité terrestre.

URANUS-OURANOS

Le dieu

Ouranos signifie ciel en grec. Père de Saturne, il est le plus ancien maître des cieux. Dans l'Antiquité, ce dieu n'était attaché à aucun corps céleste. Son nom fut donné à un astre, non point par des païens, mais bien par des chrétiens du XIXe siècle après Jésus-Christ.

À l'origine de l'univers, la Terre-mère Gaïa surgit du chaos. Elle engendra son fils Ouranos, le ciel, en dormant. Ouranos regardait affectueusement sa mère du haut des montagnes et il fit tomber sur la terre une pluie fertile. Aussitôt, Gaïa donna naissance à l'herbe, aux fleurs, aux arbres, aux animaux et aux oiseaux. Les rivières se mirent à couler, et les mers et les lacs se formèrent.

Au début, Uranus le ciel ne faisait qu'un avec Gaïa la terre, sa mère et sa femme en même temps. De cette étreinte perpétuelle naissaient des monstres, Titans ou Cyclopes, qui aussitôt se trouvaient relégués au Tartare, dans les enfers, car Uranus détestait les enfants. Mais il était très fécond, et même beaucoup trop selon l'avis de Gaïa. Celle-ci demanda alors à Chronos, son dernier-né, de mettre fin à la fécondité de son père en le castrant.

À l'aide d'une faucille en silex, Chronos châtra de la main gauche (qui depuis est maudite) son père Ouranos. Alors, le ciel se trouva séparé de la terre, et il y eut le vide. Cronos libéra les Titans et régna, seul.

Le membre coupé d'Ouranos tomba dans la mer et de l'écume formée naquit la belle Aphrodite, déesse de l'amour et de la beauté.

L'entité psychique

Uranus représente l'énergie psychique indifférenciée, la libido de Freud. Cette énergie prend secondairement une va-leur sexuelle de plus en plus différenciée. Les Occidentaux paraissent en général comprendre assez mal cette notion de libido. Les Hindous, eux, conçoivent mieux la nature primitivement neutre de l'énergie psychique, la sexualisation secondaire d'une grande partie de celle-ci et la reconversion postérieure possible de cette force sexualisée en puissance diversement spécialisée.

La libido est avant tout cette puissance inouïe qui jaillit du fond de l'être et le projette en avant, cette énergie indéterminée, «uranienne», primitive et incontrôlée, que Dante appelait: «l'Amour, qui meut le soleil et les autres étoiles».

Valeur astrologique

Au niveau astrologique, Uranus signifie énergie créatrice et rupture avec les anciens modèles de pensée et d'action. Il pousse à l'originalité, à la rébellion, à la liberté.

Parce qu'il est une force brute, primitive, non captée, non dominée, Uranus agit sans règle ni raison. Aussi le considère-t-on parfois comme maléfique. Le désordre, la folie, les révolutions lui sont attribués. L'instabilité de l'individu et de l'État, les sociétés qui chancellent, l'ordre établi qui vacille sont en rapport avec lui. Fou et tout-puissant, il déchaîne les passions et les forces élémentaires. Il symbolise le triomphe de l'instinct.

Le glyphe

Le glyphe d'Uranus est constitué d'une croix surmontant un cercle et flanquée de deux demi-cercles. Ce symbole signifie un esprit gouverné par le cerveau, mais marquant une inclination pour les éléments matériels, et synthétise par conséquent les attributs de l'ensemble des planètes.

NEPTUNE-POSEIDON

Le dieu

Neptune était nommé Poséidon par les Grecs. Fils aîné de Cronos et de Rhéa, frère de Jupiter et de Pluton, il régnait sur l'empire des mers, des fleuves et des océans, ainsi que sur les chevaux et les cavaliers. De son trident, il avait le pouvoir de soulever les flots, d'ébranler la terre, de fendre les montagnes, de faire jaillir des sources et de former des îles. On dit que l'Atlantide, une île merveilleuse, lui appartenait.

Poséidon habitait dans un palais d'or au fond de la mer avec sa femme Amphitrite. Il possédait des écuries, des chars et des chevaux blancs à la crinière d'or. Ambitieux et jaloux, il cherchait surtout à exercer son pouvoir sur les terres immergées et pour cela, il entrait constamment en conflit avec les autres divinités afin de s'emparer de leur territoire.

Poséidon est à l'origine d'une descendance nombreuse, bien souvent faite de géants et de délinquants. Ses innombrables filles peuplaient les sources, les cours d'eau et la mer.

L'entité psychique

Le dieu de la mer est le maître de l'inconscient et, plus particulièrement, de l'inconscient collectif; les tempêtes qu'il soulève correspondent aux mouvements incontrôlables et violents qui se manifestent au-dessous des limites de la conscience.

L'océan est le milieu originel dont, historiquement, la vie est sortie; la mer est, psychologiquement, la matrice de la conscience. Jung concevait les centres de conscience individuelle comme des îles surgies des flots de l'inconscient collectif; cela semble bien correspondre au symbolisme des îles dans toutes les légendes de la Terre.

Neptune, fils de Saturne et petit-fils d'Uranus, est l'énergie différenciée en noyau principiel et moteur de l'inconscient; il est à l'origine des instincts divers, qui sont les lignes de force de son action.

Bien qu'il soit frère de Jupiter, Neptune lui reste soumis: ainsi est-il normal que l'inconscient reste sous la loi de la conscience évoluant vers la supraconscience.

Valeur astrologique

L'astrologie associe le royaume marin de Neptune aux forces de l'inconscient et ses chevaux à la puissance de l'instinct brut. Elle voit en lui le pont reliant l'esprit conscient à l'inconscient collectif, où seraient conservées une mémoire et une intelligence communes à l'espèce humaine. Mais révéler cet inconscient collectif peut comporter des risques, car son émergence soudaine dans l'être conscient est susceptible d'engendrer des troubles mentaux qui peuvent aller jusqu'à la folie. L'influence de cette planète peut conduire des êtres égarés ou mal préparés à un approfondissement du savoir, à l'usage de la drogue ou de l'alcool avec l'illusoire espoir de satisfaire leurs aspirations spirituelles.

Neptune régit ce qui est en rapport avec la mer et l'eau, le passé lointain, les origines de l'être et de l'humanité, l'état fœtal.

Le glyphe

Le glyphe de Neptune, un trident composé d'une croix inversée et d'un demi-cercle, nous avertit qu'on ne saurait impunément pénétrer dans la connaissance des profondeurs symbolisée par les planètes, à moins d'être animé par une intense force spirituelle.

PLUTON-HADES

Le dieu

Fils de Cronos et de Rhéa, Pluton, l'Hadès des Grecs, règne sur les ténèbres froides du royaume des morts, aux enfers. Tous les jours dans le monde souterrain, Hadès fait la visite de ses enfers et gère de son trône les affaires courantes, jugeant les âmes qui, selon leur valeur, sont aiguillées vers le châtiment du Tartare ou les délices des Champs Élysées. Il a passé un accord avec le dieu Arès dont la mission est de faire mourir les hommes.
Hadès est cruel, jaloux et invisible des hommes sur terre quand il porte son masque. Mais aux enfers, on peut le voir tel qu'il est. Parfois représenté avec une corne d'abondance, Hadès est le gardien de toutes les pierres précieuses et des métaux rares cachés sous terre. Il symbolise également toutes les richesses invisibles que recèlent nos enfers, aussi nommés notre ombre.

Hadès ne connut que quelques aventures et n'eut jamais d'enfants.

L'entité psychique

De même que Neptune personnifie le domaine de l'inconscient collectif, des réalités abyssales originelles, Pluton commande à la part personnelle de l'inconscient, immédiatement en rapport avec le monde terrestre, autrement dit la fraction inconsciente de l'individu. Il apparaît donc comme le maître des complexes, des régressions, des frustrations refoulées. La puissance de Pluton peut s'avérer terrifiante lorsqu'elle est faussée dans son point d'application et sa direction générale.

Ce qui de l'être humain se montre au grand jour, c'est cette végétation qui sort de terre et prend racine dans le monde souterrain. À certaines périodes, la graine y revient pour reprendre force et renaître: tels, dans l'homme, ces retours fructueux sur soi-même, qui ne sont point des régressions, mais au contraire des renouvellements d'énergie. Chacun de ces retours sur soi prélude à un nouveau bond en avant sur le chemin de l'évolution.

Valeur astrologique

Les astrologues prêtent à la planète Pluton une puissante influence: elle présiderait à des changements radicaux affectant des populations entières, mais aussi au mystère le plus profond - le plus universel et pourtant individuel - qui pèse sur l'homme, celui de la mort, de la résurrection et de la transformation.

Découverte en 1930, Pluton est une planète qui convient bien au XXe siècle, celui du plutonium et de la menace nucléaire. Car, pour les astrologues, Pluton représente cette infime parcelle de matière qu'est l'atome. Conformément à son côté violent et ténébreux, cette planète fut découverte dans une ère de crise économique et de guerres mondiales. Mais elle possède une contrepartie: c'est le symbole de l'évolution, de la destruction préludant à l'édification, de la mort menant à la résurrection. Pluton passe aussi pour être une source de révélations occultes sur les vérités supérieures.

Le glyphe

Le glyphe de Pluton est constitué d'une croix surmontée d'un demi-cercle contenant lui-même un cercle complet: il signifie que l'esprit se forme dans le creuset de la matière.



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