Le thème natal et la question du sens

Les graines de poiriers donnent des poiriers, les graines de noisetiers des noisetiers :

les graines de Dieu, Dieu.


Maître Eckart



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Langage de la nature et de l'inconscient, les symboles n'ont que faire de la cohérence rationnelle qui veut un point de départ, un point d'arrivée et, entre les deux, une démonstration. Dans l'univers symbolique, celui qui traite de l'information et du sens, les commencements sont d'une extrême importance : l'information du chêne est déjà contenue tout entière dans sa semence ; le sens d'une rencontre, d'un projet, d'un processus historique existe déjà en termes d'information dans les contenus symboliques des conditions d'origine. Le reste du processus de croissance du chêne, de la rencontre, du projet, de l'histoire, etc. n'est qu'un dévoilement de cet invisible, une mise en forme de l'information présente au commencement.


La force du symbolique - Luc Bigé


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« Au commencement était le Verbe

Et le Verbe était en Dieu

Et le Verbe était Dieu

Celui-ci au commencement en Dieu »


Saint Jean


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Dans l'une de ses adresses à ses élèves, Marc Jones écrit :


« Il n'existe aucune illusion plus nuisible pour le progrès spirituel que de partir en quête de l'infini… La notion d'infini est le produit d'un esprit fini ; tendre vers ce qu'il n'est pas et rechercher la finitude lui est nécessaire pour prendre conscience de l'infinité, aussi paradoxal que cela puisse paraître… La peur est infinie tout comme l'amour est fini. La haine est infinie à l'image du mensonge ou de la démission de l'âme face au dissolu et à l'indigne ; mais le divin est fini c'est-à-dire défini. Fini signifie limité, infini indique un manque de délimitation. Ce qui est absolument sans limites reste totalement inconnu ; ce qui est totalement défini est ce qui est absolument connu. Dieu était fini pour Jésus : son « père ». Le divin est fini pour le disciple dont la connaissance se réalise au travers des limites spirituelles et liminaires de son être. Paul dit de lui-même qu'il est l'« esclave » d'un maître immortel et que cette attitude fait de lui une personne réelle, immortelle. La réalité est finie et l'infini n'y conduit jamais. La quête de la réalité est vraiment la quête de l'absolument fini. »


Marc Jones



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Et c'est le thème de naissance, l'horoscope, qui nous réfère au Monde à travers divers cadres de référence et modèles d'évolution. La carte du ciel, le « mandala » de notre être individuel (son « archétype »), représente une modélisation de notre développement personnel : la compréhension de ce référentiel permet le décryptage de la structure dynamique de l'Être-en-soi, dans la perspective de son devenir. Le « Thème » apparaît donc comme désignation et assignement : il désigne la morphologie de l'Être et l'assigne dans sa phénoménalité à ex-ister ici-bas. C'est la carte d'identité cosmique de notre présence au monde : elle retrace de phase en phase la complexité de l'Être potentiel unitaire à travers la métamorphose permanente du Devenir : Soi/Même.


Dane Rudhyar



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L'astrologie apparaît donc comme la lente progression de l'homme vers la connaissance de soi, c'est-à-dire du monde lui-même. Mais plus que la connaissance de soi, l'astrologie, nous ouvre la voie de la réalisation de soi, de l'accomplissement personnel. Comme le dit si bien Rudhyar dans l'Astrologie de la Personnalité, au fronton du temple de Delphes était inscrite la devise « Connais-toi toi-même », et aujourd'hui notre nouvelle devise sera « Accomplis-toi toi-même ». Mais il ne s'agit pas pour nous d'un accomplissement égoïste, mais tout au contraire d'accomplir notre archétype, l'image divine de l'Homme en nous, l'étoile faite homme sur son chemin de retour à elle-même.


Gérard Sabian



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