Changer au cours d’une thérapie

Tout d’abord, qu’est-ce que la psychothérapie ?

La psychothérapie se définit comme une forme d’aide professionnelle qui, à travers l’application méthodique de connaissances psychologiques par une personne qualifiée, vise à aider les personnes à améliorer leur santé mentale. Elle est un traitement des soins de santé dans lequel est manié de façon logique et consistante un ensemble cohérent de moyens psychologiques qui s’expriment par des interventions et qui sont ancrés dans un cadre de référence psychologique et scientifique. Elle est exercée par une personne ayant bénéficié d’une formation à cet effet.


En quoi consiste l’amélioration de la santé mentale ?

Les personnes en souffrance psychologique ont des difficultés de l’ordre de la passivité, de la répétitivité de certaines situations de vie, elles se montrent souvent rigides, statiques et vivent souvent dans leur imaginaire. Elles sont souvent dépendantes.

Améliorer sa santé mentale, c’est entré dans le changement. Ce changement touche d’abord la perception que la personne en souffrance a d’elle-même. À un premier niveau, cela se traduit par une meilleure acceptation de soi : à travers la thérapie, la personne en arrive à accepter des tendances, des sentiments, des aspects d’elle-même qu’elle avait tendance à rejeter auparavant parce qu’elle en avait honte, qu’elle en avait peur ou qu’elle jugeait inacceptable pour les autres ou pour elle-même. De là, la personne en vient à une perception de soi plus positive et plus adaptée ; au départ, elle perçoit un écart très grand entre ce qu’elle est (son Moi) et ce qu’elle voudrait être (l’idéal du Moi) ; cet écart tend à s’atténuer à la fois parce que la personne est moins portée à se déprécier (et qu’elle se rapproche ainsi de son idéal du Moi) ; mais aussi parce que son idéal du moi est devenu plus réaliste. La personne a donc une plus grande confiance en elle, se sent plus sûre d’elle et à un sentiment de meilleure adaptation associée à un plus grand équilibre.

D’une manière générale, le sentiment de soi est plus positif ; la personne se sent moins angoissée, moins coupable, moins menacée ; elle a un sentiment plus grand de sécurité et éprouve plus souvent de la joie, du plaisir, de la satisfaction dans sa vie quotidienne.

Enfin la personne qui suit une thérapie accède à une meilleure compréhension d’elle-même. Elle a une perception plus claire d’elle-même et est capable de se voir d’une manière plus réaliste et plus fidèle. La façon dont elle se perçoit est relativement proche de la façon dont les autres peuvent la percevoir.

Améliorer sa santé mentale, c’est aussi entré dans une nouvelle relation à autrui. La personne ressent moins le besoin de se défendre et de cacher sa vraie personnalité face aux autres. Elle est moins prise dans des ambiguïtés relationnelles et est plus capable de nouer des relations authentiques et intimes. Elle arrive plus facilement à s’affirmer et à se sentir vraiment elle-même vis-à-vis d’autrui. Sa capacité d’aimer s’accroît en même temps qu’elle se libère de ses illusions, de son narcissisme et de sa possessivité.

Les caractéristiques du changement en psychothérapie peuvent se comprendre en termes de polarité :

La névrose se traduit généralement par des mécanismes de répétition. La personne se sent « figée » dans ses comportements, dans ses attitudes et ses réactions ; elle a l’impression d’être enfermée dans une prison dont elle ne peut s’échapper ; elle a le sentiment de « tourner en rond », d’être « engluée » ou « paralysée ». Le processus thérapeutique permet de rétablir les capacités de mouvement : la personne se sent plus animée, plus vivante, capable d’évoluer et de « bouger ». Elle passe ainsi de la fixité au mouvement.

La fixité résulte aussi d’un sentiment de blocage ; la personne se sent souvent coincée, inhibée, tendue, incapable de laisser s’exprimer librement son corps, sa parole, ses sentiments, ses désirs, ses impulsions. Le processus thérapeutique va lui permettre de rétablir une plus grande fluidité dans plusieurs directions : la fluidité des associations, la levée du refoulement, la dissolution des fixations infantiles et de la viscosité libidinale en psychanalyse ; la liquidation de la stase sexuelle, la libre circulation des énergies végétatives et du flux respiratoire dans les approches bioénergétiques et corporelles ; la fluidité de l’ajustement créateur, des émotions et des sentiments. De la stase on passera à la fluidité.

Fixité et blocage entraînent souvent une rigidification des processus psychiques se traduisant notamment par un durcissement des mécanismes de défense psychique et corporelle. Le processus thérapeutique tendra à assouplir ses processus : plus grande flexibilité des défenses ; élasticité de la cuirasse musculaire ; aisance plus grande de l’expression corporelle, verbale et relationnelle ; adaptabilité aux changements ; assouplissement des jeux et des scénarios figés. On passera ainsi de la rigidité à la souplesse.

La névrose entraîne généralement un repli sur soi, un enfermement dans ses mécanismes, un enfermement dans ses problèmes, une perte de contact avec l’environnement et les autres. Là encore, le processus thérapeutique permettra une ouverture plus grande de la personne à elle-même, à ses sentiments inhibés ou refoulés, a ses fantasmes. Elle aura un contact plus facile avec l’extérieur, avec autrui, aura une capacité plus grande d’expression et d’écoute, une plus grande confiance en elle et en autrui. La personne s’ouvrira à l’inconnu et au changement par un accroissement dans ses capacités de communication. Elle passera ainsi de la fermeture à l’ouverture.

Le vécu névrotique est dominé par des sentiments négatifs d’anxiété, de honte, de culpabilité, de frustration et de menaces. Le processus thérapeutique qui tendra à faire prévaloir les sentiments positifs permettra au fur et à mesure de supprimer ses sentiments envahissants. La personne pourra alors apprécier les joies et les plaisirs quotidiens et tirer plus de satisfaction et de plaisir dans ses relations affectives et sexuelles. Elle reprendra le goût à la vie, aux activités et aux contacts. Elle passera ainsi de l’angoisse au plaisir.

Subir son existence sans en avoir le contrôle est souvent l’impression qu’ont les personnes qui ont une structure névrotique. La personne est l’objet passif de ses pensées, de ses humeurs, de ses réactions qu’elle ne maîtrise pas. Elle en tire un sentiment d’impuissance et de découragement, source d’affect dépressif. Le processus thérapeutique l’aidera à avoir une attitude plus active, à sentir qu’elle peut orienter sa vie et à avoir une meilleure maîtrise sur elle-même et sur ses projets. Elle s’engagera ainsi plus volontiers dans des activités qui lui donnent un sentiment d’intérêt et de réussite. Le processus thérapeutique permettra ici d’aller de la passivité vers l’activité.

La caractéristique majeure du trouble psychique qui dénote une santé mentale malmenée est la répétition. La personne réitère sans cesse les mêmes comportements, les mêmes réactions, les mêmes échecs et ressasse les mêmes pensées. Le processus thérapeutique aidera la personne à l’innovation et à l’invention.

Les mécanismes de refoulement, de projection, de clivage appauvrissent le dynamisme psychique de la personne et lui donnent parfois une impression de dissociation. Là encore, le processus thérapeutique permettra de réintégrer les pulsions, les affects et les traits dissociés. La personne accédera ainsi à un plus grand sentiment d’unité par une meilleure intégration des pulsions sexuelles et agressives. Elle se sentira vraiment et pleinement elle-même dans les expériences et les relations où elle est engagée.

Les perceptions et les représentations qu’à la personne du monde sont empreintes et infiltrés par l’imaginaire. Il peut s’agir de fantasmes, de mécanismes de projection et d’introjection, d’identifications infantiles, du transfert, etc. Le processus thérapeutique conduira à une prise de distance et un dégagement par rapport à l’emprise de l’imaginaire. La personne arrivera à se percevoir elle-même et à percevoir les autres d’une façon plus réaliste. Des activités de jeu et de création deviendront possibles par une expression plus spontanée. Il s’agira de concrétiser en passant de l’imaginaire à la réalité.

Souvent dépendant du jugement et du désir d’autrui, la personne se sent obligée de se soumettre aux valeurs et aux normes qu’elle a intériorisées. Elle a du mal à percevoir où se situent ses propres désirs et a donc du mal à les suivre. À travers le changement thérapeutique, la personne arrivera peu à peu à s’affranchir de cette dépendance, car elle ne s’efforcera plus d’être ce qu’on attend d’elle, mais œuvrera pour ce qu’elle-même souhaite ou désire. Ses propres besoins, ses propres valeurs, ses propres jugements deviendront la source de ses actions. En passant de la dépendance à l’autonomie la personne osera devenir qui elle est, à la fois face à elle-même et face aux autres.

Devant la souffrance de certains patients, le thérapeute, grâce à sa qualité d’être et sa réelle présence sera un interlocuteur de choix pour aider le patient à retrouver sa pleine autonomie.



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