Les cycles

Un cycle est une structure formelle de temps.


C'est le contexte, le lieu dans lequel prend place le changement.


Tout, dans l'existence, est structuré par le temps et toute acti­vité prend place dans le temps.


Un cycle est la durée de vie d'une entité donnée. Bien qu'un cycle ait un début et une fin repérables, il est erroné de l'interpréter comme un perpétuel retour : commencement, fin et nouveau com­mencement.


Une telle appréhension des cycles, en astro­logie, conduirait à les considérer comme des suites répé­titives d'événements.


Ce n'est pas la réalité ; bien que le schème de son déroulement, du début à la fin, se répète, les contenus d'un cycle - les changements d'état, les événements ou expériences contenus dans sa durée ­ne se répètent jamais exactement.


Le jour forme un cycle reconnaissable. C'est une structure de temps dont la forme est déterminée par une rotation axiale de la terre en vingt-quatre heures. En même temps, le jour est aussi une partie du cycle de lunaison, repérable aux phases de la lune ; cycle qui mesure la relation soli-lunaire, d'une nouvelle lune à la suivante ; et ces deux cycles sont eux-mêmes compris dans d'autres cycles.


C'est cette inter­relation entre cycles qui fait l'unicité spécifique de chaque moment et, en même temps, les relie ensemble dans un ordre rythmique. Ces valeurs temporelles du système solaire - le plus-grand-Tout dont notre terre fait partie - agissent sur les valeurs temporelles de l'individu.


L'as­tronomie nous fournit les données ; l'astrologie les inter­prète en référence aux processus de vie sur terre et, en particulier, dans l'individu.


Un cycle étant un « tout d'activité » comprend un milieu tout autant qu'un début et une fin avec des phases de développement reconnaissables, au fur et à mesure qu'il se déroule. Dès qu'un moment particulier est iden­tifié comme faisant partie d'un cycle, il devient inextri­cablement relié à la fois au début et à la fin du cycle.


Tout moment spécifique à l'intérieur d'un cycle peut être consi­déré comme partie du « milieu », extériorisation de l'im­pulsion qui a commencé le cycle, et dirigée vers la conclu­sion ou but de ce cycle. De sorte que tous les moments d'un cycle s'étendent en arrière, vers la racine du cycle et, en même temps, vers la semence cyclique de sa fin.


Cette impulsion simultanée, à la fois en arrière et en avant, inclut chaque moment particulier dans tous les autres moments du cycle.


Dane Rudhyar appelle cela INTERPÉNÉTRATION TEMPORELLE.


C'est la quatrième dimension du temps. Dane Rudhyar insiste sur le fait qu'une telle interpénétration temporelle de la racine, de la semence et de tous les autres moments d'un cycle a une signification beaucoup plus grande que le concept ordinaire de « cause à effet », basé sur la suite rigide de différents moments du temps.


Chaque moment du temps est partie, aspect ou phase d'une réalité toute-inclusive - le Tout - et n'a de sens essentiel que par rapport à ce Tout. De sorte que toute unité, apparemment séparée, est comprise dans, et parti­cipe à, toute autre unité, à l'intérieur de la durée d'un cycle. Et ce, parce que, dans tout cycle, l'effet agit aussi sur la cause et tout moment présent est tiré par le futur autant que poussé par le passé. Le cycle entier est impli­cite dans chacun de ses moments.


L'astrologie, comprise comme étude des cycles, devient alors l'étude des interconnexions entre tous ces facteurs : entre le futur et le passé dans chaque moment présent, entre le macrocosme universel et le microcosme indivi­duel.


Le thème natal est le point de départ du cycle indi­viduel de vie. Il se situe en équilibre entre le passé ances­tral (les racines karmiques) et le futur potentiellement individualisé (dharma, qui est le but de la vie).


C'est le pattern ou plan de ce que Carl Gustav Jung, psychiatre, appelle le processus d'individuation, qui montre, dans un langage symbolique, comment chaque être peut pleinement devenir ce qu'il est en potentialité.


Astrologie