La dépression

La dépression est une pathologie fréquente qui touche deux fois plus de femmes que d'hommes.


La notion de dépression est apparue tardivement et de nombreux ouvrages décrivent avec subtilité des personnes aux tendances pessimistes ou dépressives.


Parmi ces personnes, nombreuses sont celles qui sont envahies par des événements répétitifs, des conflits qui sans être majeurs finissent par entraîner une ambiance de grisaille, de morosité et de découragement.


Une sensibilité émotive et des variations de l'humeur rythment la vie de la personne qui rencontre des difficultés au niveau socio-économique ou par l'éloignement, voir la perte d'un être cher. Ces facteurs précipitent fréquemment dans la dépression.


Il n'est pas rare en effet qu'une personne subissant une perte entre lentement ou de façon brutale dans une dépression où elle s'abîme dans un effondrement extrême de l'humeur dominée par le dégoût, l'absence de plaisir, la perte des investissements affectifs et cognitifs qui donnaient du sens à sa vie.


Des sentiments de honte ainsi que des incapacités supposées peuvent se transformer en haine de soi-même. Surgissent alors des idées mortifères qui à l'extrême peuvent appeler au châtiment suprême. Lorsque la raison reprend ses droits sur l'univers émotionnel bouleversé, le calme revient.


Les troubles de l'humeur qui peuvent affecter une personne varient en fonction des événements, de leur nature, de leur intensité, de l'appréciation qui est faite et des perceptions affectives. Ces dernières étant éminemment subjectives.


La qualité de l'humeur dépend de l'évolution psychoaffective de la personne, de son histoire, de sa personnalité, de ses capacités adaptatives et de son tempérament.


Ainsi, les situations sont éprouvées de diverses manières. Les états d'âme sont colorés de couleur plus ou moins sombre, plus ou moins lumineuse en fonction de l’émotion agréable, neutre ou désagréable.


Lorsqu'une personne n'arrive plus à maîtriser ses affects, son corps, il peut s'en suivre une rupture avec soi et avec autrui, avec le monde. Dès lors peut s'installer une dépression mélancolique.


Bien que la dépression soit caractérisée par des symptômes qui sont communs à tous les déprimés, chaque déprimé est singulier avec son tempérament, sa personnalité, ses possibilités d'adaptation et ses capacités d'introspection. La gravité de la dépression dépendra essentiellement de la dynamique de ces facteurs.


La survenue et l'évolution d'une dépression, à minima d'un état dépressif, sont d'une grande complexité. Selon les données statistiques médicales actuelles, la dépression sera dans le monde vers 2020 la deuxième cause invalidante après les troubles cardio-vasculaires.


On constate actuellement l'existence de dépressions mélancoliques, anxieuses, délirantes, avec ralentissement psychomoteur, saisonnières. Il existe également des dépressions dans lesquels la personne montre de l'hostilité, des dépressions masquées, mais aussi des dépressions souriantes. À cela se rajoute la dépression de l'enfant, celle de l'adolescent et toutes les dépressions consécutives à une pathologie organique (pathologie organique, tumorale, neurologique, métabolique, cardiaque, syndrome de fatigue chronique, etc.)


C'est dans les divers types de dépressions que se rencontrent les taux de suicide les plus importants. Le manque de raison de vivre qui se retrouve dans la dépression augmente fortement la vulnérabilité aux conduites suicidaires.


La prise en charge de la dépression demande différentes approches : cognitive, sociale et biologique, psychothérapique, psychanalytique, médicale et psychiatrique.



Sous réserve de rajout ou de modification


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Critères diagnostiques d'un épisode dépressif majeur, c'est-à-dire caractérisé (DSM-IV-TR)

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A. Au moins cinq des symptômes suivants doivent avoir été présents pendant une même période d'une durée de 2 semaines et avoir représenté un changement par rapport au fonctionnement antérieur ; au moins un des symptômes est soit une humeur dépressive (1), soit une perte d'intérêt ou de plaisir (2) :


(1) humeur dépressive présente pratiquement toute la journée, presque tous les jours, signalée par le sujet (ex. : se sent triste ou vide) ou observée par les autres (ex. : pleure). N.B. : éventuellement irritabilité chez l'enfant et l'adolescent ;


(2) diminution marquée de l'intérêt ou du plaisir pour toutes ou presque toutes les activités pratiquement toute la journée, presque tous les jours (signalée par le sujet ou observée par les autres) ;


(3) perte ou gain de poids significatif en l'absence de régime (ex. : modification du poids corporel en 1 mois excédant 5 %), ou diminution ou augmentation de l'appétit presque tous les jours. N.B. : chez l'enfant, prendre en compte l'absence de l'augmentation de poids attendue ;


(4) insomnie ou hypersomnie presque tous les jours ;


(5) agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours (constaté par les autres, non limité à un sentiment subjectif de fébrilité ou de ralentissement intérieur) ;


(6) fatigue ou perte d'énergie presque tous les jours ;


(7) sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée (qui peut être délirante), presque tous les jours (pas seulement se faire grief ou se sentir coupable d'être malade) ;


(8) diminution de l'aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision presque tous les jours (signalée par le sujet ou observée par les autres) ;


(9) pensées de mort récurrentes (pas seulement une peur de mourir), idées suicidaires récurrentes sans plan précis ou tentative de suicide ou plan précis pour se suicider.


B. Les symptômes ne répondent pas aux critères d'épisode mixte (les critères sont réunis à la fois pour un épisode maniaque et pour un épisode dépressif majeur à l'exception du critère de durée) et cela presque tous les jours pendant au moins 1 semaine.


C. Les symptômes induisent une souffrance cliniquement significative ou rime altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants.


D. Les symptômes ne sont pas imputables aux effets physiologiques directs d'une substance (ex. : une substance donnant lieu à un abus, un médicament) ou d'une affection médicale générale (ex. : hypothyroïdie).


E. Les symptômes ne sont pas mieux expliqués par un deuil, c'est-à-dire a près la mort d'un être cher, les symptômes persistent pendant plus de 2 mois ou s'accompagnent d'une altération marquée du fonctionnement, de préoccupations morbides, de dévalorisation, d'idées suicidaires, de symptômes psychotiques ou d'un ralentissement psychomoteur.



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