La théorie psychanalytique de Sigmund Freud a subi d’importants changements. Sa théorie se développa dans de nombreuses directions. Certains théoriciens ne s’intéressèrent qu’à l’un ou l’autre aspect de la psychanalyse pour le développer de façon plus complète. D’autres encore rompirent avec la psychanalyse freudienne pour ouvrir des voies complètement nouvelles.


Anna Freud, la fille de Sigmund Freud, développa la théorie psychanalytique sur la façon dont les réactions défensives du Moi déterminent notre comportement. Ce faisant, elle fut la première à ouvrir le champ moderne de la psychologie du Moi. Son livre, « le Moi et les mécanismes de défense » est, encore aujourd’hui, une œuvre influente. Selon Anna Freud, l’individu accumule lentement au cours de son existence des capacités d’adaptation, des aptitudes d’examen de la réalité et des défenses. Le comportement anormal se développe quand la régulation de certaines fonctions ou le rassemblement adéquate de défenses normales, par le Moi, sont déficients dans la gestion de conflits internes importants.


Dans une autre variante un peu plus tardive des théories de Freud, Heinz Kohut orienta sa réflexion vers le développement d’une théorie de la formation du concept de soi et des attributs essentiels du Moi permettant à l’individu d’évoluer ou, à l’inverse, de développer une névrose. Cette approche psychanalytique s’est fait connaître sous le nom de psychologie du Soi.


Un domaine apparenté devenu très populaire aujourd’hui se réfère à la relation objectale. Le concept de relation objectale s’apparente à l’étude de la façon dont les enfants incorporent des images, des souvenirs et parfois les valeurs d’une personne importante pour eux et à laquelle ils sont émotionnellement attachés. Le terme objet fait, dans ce sens, référence à ces personnes importantes dans l’environnement de l’enfant, et le mécanisme d’incorporation est désigné par le terme d’introjection. Les objets introjectés peuvent devenir une partie intégrante du Moi ou prendre des rôles conflictuels dans la détermination de l’identité ou du Soi. Par exemple, vos parents pourraient avoir des vues conflictuelles sur vos relations personnelles ou sur vos choix de carrière qui, à leur tour, serait différente de votre propre point de vue. Dans la mesure où ces points de vue divergents ont été incorporés, le potentiel de conflits émerge. Aujourd’hui, vous pourriez avoir envie de donner telles directions à votre carrière et demain, une autre. Selon la théorie de la relation objectale, vous avez tendance à voir le monde à travers les yeux de la personne intégrée dans votre Moi. Les théoriciens de la relation objectale consacrent leurs efforts à l’étude de la façon dont ces images disparates s’assemblent pour former l’identité d’une personne et générer des conflits.


Carl Gustav Jung et Alfred Adler étaient des disciples de Freud qui ont fini par rejeter les idées de ce dernier pour fonder leurs propres écoles de pensée. Carl Gustav Jung introduisit le concept d’inconscient collectif, source de sagesse accumulée par la société et la culture au cours des millénaires stockés profondément dans nos mémoires pourrait être transmise de génération en génération. Carl Gustav Jung suggéra également que les pulsions spirituelles et religieuses font autant partie de la nature humaine que les pulsions sexuelles. Cet accent mis sur les pulsions spirituelles continue, encore aujourd’hui, a attiré l’attention des mystiques. Carl Gustav Jung souligna l’importance des caractères stables de la personnalité comme l’introversion (la tendance à la timidité et au repli) et l’extraversion (tendance à la sociabilité et à la communication).


Alfred Adler consacra ses efforts théoriques à l’étude des sentiments d’infériorité et de la lutte pour la supériorité. Il fut à l’origine du concept de complexe d’infériorité. Contrairement à Freud, Jung et Adler croyaient en une nature humaine fondamentalement positive qui tendait vers son auto réalisation (c’est-à-dire une nature humaine amenée à réaliser son plein potentiel). Ils pensaient qu’en éliminant les barrières internes et externes à leur développement individuel, les hommes s’amélioreraient et s’épanouiraient dans leur auto réalisation.


D’autres théoriciens ont fait prendre à la psychanalyse d’autres directions en insistant sur le développement tout au long de la vie et sur les influences sociétales et culturelles dans le développement de la personnalité. Karen Horney et Erich Fromm sont de grands noms associés à ces idées, mais le plus connu est celui d’Érik Erickson. La plus grande contribution de ce dernier fut sa théorie du développement tout au long de l’existence dans laquelle il identifie et décrit en détail les crises et les conflits spécifiques à chacun des huit stades de développement par lesquels tous les individus passent, de la naissance au troisième âge.


Par exemple, à l’âge mûr, le dernier des stades de développementaux ériksoniens qui commence vers 65 ans, les individus passent en revue leur existence passée et tente de lui donner un sens. Ils peuvent, à ce stade, soit ressentir la satisfaction d’avoir atteint les objectifs de toute une vie ou éprouver le désespoir d’avoir échoué à en atteindre d’autres. Les développements scientifiques ont confirmé qu’il était plus sage de considérer la psychopathologie d’un point de vue développementale.

Le développement de la pensée psychanalytique

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