Développement psychosexuel


C’est à Sigmund Freud que l’on doit l’approche psychanalytique. Cette approche stipule que le développement est marqué par l’action de forces inconscientes qui motivent le comportement humain et que les événements qui se produisent durant l’enfance déterminent le développement de la personnalité adulte. On dit de cette approche qu’elle est psychodynamique.


La théorie psychosexuelle


Au travers de ces observations, Sigmund Freud en vient à croire que le comportement humain est essentiellement déterminé par des forces inconscientes, soit des instincts fondamentaux qu’il appelle des « pulsions ». Ces pulsions orientent le comportement vers la recherche du plaisir et l’évitement de la douleur. Deux pulsions dominent le comportement de façon inconsciente : la pulsion de vie (pulsions sexuelles) et la pulsion de mort (ou pulsions agressives). Pour lui, la pulsion sexuelle et son assouvissement, constitue un élément essentiel du développement de la personnalité durant l’enfance. La libido, énergie psychique fondamentale et inconsciente, moteur de la pulsion de vie, est investi de diverses manières à partir des relations que l’enfant développe avec son entourage.


Cependant, les contraintes liées à la réalité extérieure et aux attentes sociales empêchent souvent la satisfaction de ses pulsions créant alors des conflits intrapsychiques, la plupart du temps inconscients : la personne ne sait pas quelle vie ces conflits, alors que ces derniers influencent pourtant ses émotions, ses comportements et même sa santé. Ce n’est qu’avec l’aide d’une psychanalyse - une forme de thérapie élaborée par Sigmund Freud - que les conflits refoulés pourront revenir à la mémoire et disparaître par ce que l’on appelle l’abréaction émotionnelle.


Sigmund Freud a mis sur pied une théorie du développement psychosexuel fondé sur des stades, lesquels constituent la base du développement de la personnalité. Il propose cinq stades du développement psychosexuel : le stade oral, le stade anal, le stade phallique, la période de latence et le stade génital. Les trois premiers stades, qui correspondent aux premières années de la vie, sont les plus déterminants : la façon dont chacun d’eux est franchi influence le développement de la personnalité adulte. Chaque stade du développement psychosexuel est lié à une zone érogène, c’est-à-dire une partie du corps où se concentrent les tensions sexuelles et qui procure du plaisir. Freud considère qu’un enfant qui reçoit trop ou trop peu de gratifications durant l’un de ces stades risque de faire une fixation, c’est-à-dire un arrêt dans le développement qui risque d’influencer sa personnalité adulte.


La personnalité est une structure dynamique qui se développe avec le temps. Elle est composée de trois instances psychiques, le Ça, le Moi et le Surmoi. Les nouveau-nés sont gouvernés par le Ça, qui est la seule instance présente à la naissance. Source des pulsions de base et réservoir de l’énergie psychique, le Ça est totalement inconscient, donc inaccessible directement, et amoral. Il ne supporte pas la tention et obéit au principe du plaisir, c’est-à-dire qu’il exige une satisfaction immédiate des besoins sans tenir compte de la réalité externe. Dans la théorie freudienne, le rôle de la mère est vu comme un élément déterminant en ce qui concerne la satisfaction des besoins du très jeune enfant. Toutefois, celle-ci ne peut le satisfaire parfaitement. Par exemple, lorsque le biberon est prêt, mais qu’il est trop chaud, l’enfant doit attendre et différer son plaisir : il connaît alors la frustration. L’enfant est ainsi amené peu à peu à découvrir que le monde extérieur existe, ce qui conduit au développement du Moi qui est la seconde instance de la personnalité.


Le Moi obéit au principe de réalité. Il est rationnel et, en grande partie, conscient. Il joue un rôle de médiateur entre les exigences du Ça et celles de la réalité extérieure ; c’est un peu « l’administrateur » de la personnalité. Selon Freud, la conscience de soi émane du Moi. Plus tard apparaît le Surmoi, troisième instance de la personnalité, qui résulte de l’intériorisation des règles, des interdits et des principes moraux transmis par les parents et les autres représentants de la société. Le Surmoi se forme au stade phallique, soit lorsque le complexe d’Œdipe est résolu et que l’enfant s’identifie à ses parents. En parti conscient, mais surtout inconscient, le Surmoi obéit aux principes de moralité. La plupart des conflits intrapsychiques naissent de l’opposition entre les exigences du ça et les interdits du surmoi. Lorsque les exigences du surmoi ne sont pas respectées, l’enfant peut se sentir coupable et développé de l’anxiété.


L’exemple suivant donne une idée de la façon dont fonctionnent les trois instances psychiques :


Le Ça crie : « Je veux encore de la glace » (Principe de plaisir)
Le Moi répond : « Tu vas être malade si tu en manges trop ! » (Principe de réalité)
Le Surmoi murmure : « Tu n’as pas honte d’être aussi gourmand quand d’autres enfants n’ont presque rien à manger ? » (Principe de moralité)


Une personnalité saine implique un équilibre relatif entre les trois instances de la personnalité. Lorsque le Moi ne parvient plus à jouer son rôle de régulateur entre le Ça et le Surmoi, le déséquilibre s’installe, engendrant de l’attention et de l’anxiété. C’est à ce moment d’anxiété que le Moi recours au mécanisme de défense inconscients qui consistent à déformer la réalité ou à la nier pour soulager l’anxiété.



Le développement psychosexuel

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