Êtres naturels et spirituels

Première conférence, Vienne, 5 novembre 1907

Les « dangers » du développement occulte


Lorsqu’on parle d’occultisme ou de développement occulte, il convient de se mettre d’accord sur ce que cela signifie quant à ce qui est pratiqué en théosophie. Cette dernière, dès ses débuts, s’est employée précisément à mettre à la disposition de l’humanité une certaine somme de vérités occultes. Les vérités concernant le monde suprasensible que l’on connaît grâce à la littérature et aux conférences théosophiques sont pour la plupart très anciennes. Or il n’était pas nécessaire avant la fin du XIXe siècle que ces connaissances soient rendues publiques sous la forme que leur donne la théosophie. Ces vérités étaient cultivées au sein d’écoles et de sociétés secrètes.


Celui qui voulait connaître des vérités concernant le monde intérieur devait se faire accepter comme élève auprès des grands maîtres de l’humanité ; il n’était pas question de répandre au grand jour certaines vérités élémentaires comme cela devient une nécessité aujourd’hui. En étant accepté dans une école, l’élève devait montrer certaines qualités de caractère, d’intellect et autres. Il régnait aussi à l’intérieur de l’école une stricte hiérarchie. Il était par exemple impossible qu’un nouvel arrivant accède à des connaissances d’un degré élevé. Le monde extérieur ignorait tout de l’existence d’une telle science secrète, laquelle était le seul et vrai occultisme.


Qui recevait une formation dans ces écoles ? On ne le savait en règle générale absolument pas ; l’un était forgeron, l’autre cordonnier, conseiller à la cour, charpentier, etc. On ne savait d’eux que ce qu’ils laissaient apparaître dans leur vie extérieure ; on ne savait pas qu’ils étaient des sages capables de contempler les profondeurs du monde spirituel suprasensible. Cela changea à la fin du XIXe siècle où il devint nécessaire que certaines connaissances élémentaires de la science secrète soient divulguées par la littérature et les conférences théosophiques. Nous verrons maintenant pourquoi cela est devenu une nécessité.


Nous voulons jeter notre regard sur la période qui s’est étendue jusqu’au XIVe siècle et qui s’est en quelque sorte prolongée sous certains aspects jusqu’à la fin du 19e. Il s’est préparé alors ce qui se passe maintenant : la révélation au public de certaines connaissances occultes élémentaires. Cela se prépara dans le courant occulte fondé aux 14e et XVe siècles par une individualité très haut placée, connue sous le nom de Christian Rosecroix. Seuls les initiés savent qui se cache derrière ce nom. Une seule chose est sûre : il fait partie des individualités les plus avancées des temps nouveaux, et sa tâche est de donner au savoir occulte médiéval une forme adaptée aux temps modernes.


Au dernier tiers du XIXe siècle, il fallait que certaines personnes diffusent dans l’humanité certains enseignements élémentaires indispensables. La théosophie n’est autre que l’enseignement élémentaire de l’occultisme.


Aux temps reculés où l’occultisme était secret, il y avait pour un être humain trois possibilités de connaître les mondes suprasensibles : premièrement comme initié, deuxièmement comme clairvoyant et troisièmement comme adepte. Ces trois voies étaient sévèrement distinctes, et pour comprendre en somme le développement occulte de l’humanité, il nous faut voir bien clairement ces trois chemins.


Nous savons bien ce qu’est un clairvoyant. Je fais tout de suite remarquer que c’est la figure la plus importante, car elle possède des sens supérieurs. Il est simple de décrire un clairvoyant. En chaque être humain sommeillent des facultés cachées. Celles-ci peuvent faire l’objet d’un développement et permettre ensuite de contempler un monde fermé aux sens ordinaires. Il existe de telles méthodes de la science occulte. Lorsque l’homme les applique à lui-même, il n’est pas placé dans le sommeil inconscient comme tout homme ordinaire. Ces facultés lui permettent, par le corps astral et le moi dégagés du corps physique, de percevoir le monde spirituel qui l’entoure ; d’abord comme un flot de lumière et de couleurs puis par l’audition dans la nuit.


Il s’agit d’une expérience réelle que l’homme fait en lui-même. En effet, lors d’un stade transitoire, il est entouré d’un monde spirituel comme d’un monde physique. C’est le commencement de la clairvoyance proprement dite.


Il importe pour celui qui veut accéder véritablement au stade de la clairvoyance qu’il soit capable de transporter dans sa conscience diurne les visions qu’il a dans la nuit, sans quoi le processus ne serait que partiel. Le stade de la clairvoyance moderne est atteint dès lors que le sujet est capable de voir non seulement ce qui de l’homme ou de l’animal se présente aux sens, mais aussi leur aura rayonnante qui exprime leurs sensations et leurs sentiments. Le clairvoyant est donc celui qui est capable de percevoir le monde spirituel et d’en parler. Admettons qu’il y ait sur terre une contrée où Ton n’ait encore jamais vu de chemin de fer et qu’un de ses habitants soit transporté dans une région où il y en a ! Il connaîtra le chemin de fer par sa propre expérience. Il pourra donc en parler chez lui, car il en aura fait l’expérience ; le clairvoyant peut témoigner de même du monde spirituel.


Un clairvoyant n’est ni ce que l’on pourrait appeler un adepte ni non plus un initié. On ne confiera pas la construction d’une locomotive à celui qui a vu de ses yeux un chemin de fer et en témoigne au retour de son voyage. Il en est de même du clairvoyant. Contrairement à celui qui s’est exercé au monde suprasensible et en a acquis une science, le clairvoyant n’est pas capable d’agir. Telle est la différence entre le clairvoyant, qui ne fait que voir le monde suprasensible, et l’adepte.


Un initié, c’est encore autre chose. Prenons un exemple : d’une part un homme qui reconnaît les couleurs et toutes les lumières et, d’autre part, un homme qui a la vue courte. Le premier ignorerait tout des ondes lumineuses, le second, tout myope qu’il est, mais en bon physicien, saurait tout des lois de la physique. Il existe des gens hautement initiés qui ne sont pas pour autant clairvoyants ; ceci n’était néanmoins valable que pour les vieilles écoles et ne l’est plus dans la même mesure actuellement. Autrefois on pouvait travailler ainsi, car, comprenez bien, l’acquisition de la clairvoyance ou la formation d’un initié était un processus très long ; il fallait souvent plusieurs incarnations.


Or, Faction conjuguée entre initiés et clairvoyants n’est plus guère possible aujourd’hui, aussi l’école rosicrucienne ne les a-t-elle plus distingués strictement. Car l’humanité d’aujourd’hui ne connaît plus du tout ce que signifiait alors l’abnégation. Alors on travaillait de concert particulièrement dans les écoles secrètes égyptiennes. Mais une confiance totale manque aujourd’hui ; l’humanité actuelle n’en a plus aucune idée. C’est la raison pour laquelle, dans les écoles rosicruciennes, on ne formait les initiés et les voyants que jusqu’à un certain degré. Il faut en revanche être très prudent en ce qui concerne les adeptes ; on ne pourrait sinon que nuire au monde. Car les hommes sont très loin de croire que les forces spirituelles interviennent en tout. Il se déchaînerait une tempête qui ne ferait que compromettre la compréhension qui doit précéder. Il faut en premier que les initiés et les voyants annoncent les connaissances occultes et que les adeptes n’y arrivent, peu à peu, qu’après.


Qu’est-ce qu’un adepte ? Il y en a dans tous les domaines. Considérez l’homme en tant que tel. Il est constitué des corps physique, éthérique, astral et du moi. Ces différents constitutifs se développent différemment selon l’âge. C’est un chapitre important. Car pour l’occultiste la naissance de l’être humain se fait en plusieurs fois, d’abord physiquement par sa mère physique. Là le corps physique est enfermé dans le corps de la mère ; les différents courants sanguins et autres vont de la mère vers l’enfant. Dès la naissance de l’enfant, le corps de la mère est séparé de lui de toutes parts. À ce moment, à la naissance, le corps éthérique, lui, n’est pas encore né. Cette deuxième naissance, elle, a lieu lors du changement de dentition vers la septième année. Jusque-là, le corps éthérique est entouré de l’enveloppe éthérique maternelle qui n’appartient pas au corps éthérique spécifique de l’enfant. Le corps éthérique naît effectivement vers l’âge de sept ans. L’enveloppe est alors rejetée, et cela se manifeste par l’apparition de la deuxième dentition. Le clairvoyant observe l’apparition des dents et voit tout à la fois comment le corps éthérique sort de l’enveloppe éthérique maternelle. L’être humain reste cependant encore dans l’enveloppe astrale maternelle (la mère astrale) qui demeure dès le début et au-delà de la septième année. La mère astrale est alors aussi repoussée ; c’est la naissance astrale, comme on avait, en comparaison, la naissance physique. L’apparition de la maturité sexuelle de l’être humain signifie la naissance du corps astral. De vingt et un à vingt-huit ans, on assiste chez l’être humain à la naissance proprement dite du moi.


Lorsque les êtres humains auront compris ce déroulement, ils verront quelles en sont les conséquences pour l’éducation. J’en ai fait une description dans mon ouvrage, éducation de l’enfant à la lumière de la science de l'esprit. Vous trouvez, réunies dans cette brochure, toutes les règles qu’il faut observer. Et, voyez-vous, un enseignant qui maîtriserait ce système serait dans le domaine de l’éducation un adepte, un affilié.


L’affiliation c’est l’application pratique de connaissances spirituelles. Jusqu’à sa septième année, l’être humain connaît un affermissement de ses formes. Toutes les formes du cerveau et du squelette apparaissent avant la septième année. Elles connaissent plus tard encore un développement, mais celles, alors, qui ne sont pas là, ne le seront jamais plus. C’est ainsi que l’on peut commettre en éducation des négligences irrémédiables. Puis le corps éthérique se libère. Vous pouvez juger à la forme que prend la deuxième dentition si leur solidification est dans un rapport correct avec le corps éthérique qui vient alors au monde. Les deux choses sont en relation ; la formation des dents et la formation du corps éthérique. Or, ce dernier recouvre tout ce qui est croissance et reproduction. Si l’une n’est pas en ordre, l’autre ne le sera pas non plus. Nous pouvons constater que la science de l’esprit s’explique le lien entre la seconde dentition et le corps éthérique. Par exemple, les mères pourvues de mauvaises dents souffrent plus souvent de fièvre puerpérale.


Il faut qu’il y ait en présence un principe de consolidation et un principe d’amollissement ; un accord doit s’établir entre les deux. Le rachitisme apparaît par exemple lorsque prédomine le principe d’amollissement. Admettons que le principe de consolidation prenne le dessus ; nous aurons alors les prédispositions à la tuberculose et à l’artériosclérose. Dès l’instant où l’être humain est capable d’agir sur l’éthérique et le physique par des causes suprasensibles, il est, en matière d’éducation de l’enfant, un adepte, tout comme Paracelse, si mal compris aujourd’hui, était un adepte dès lors qu’il était capable à chaque instant de connaître les principes invisibles. Vous pouvez bien vous imaginer les tempêtes que Ton soulèverait dans les universités si l’on y venait avec ce genre d’enseignement. L’humanité doit être préparée peu à peu à cela ; elle demandera ensuite d’elle-même aux guides spirituels de venir consolider les enseignements par leur ouvrage. L’existence d’initiés repose sur le fait que les lois propres au monde spirituel peuvent faire l’objet d’investigations par la clairvoyance. Lorsqu’elles sont trouvées et présentées, l’entendement humain normal peut comprendre tout ce que raconte le clairvoyant. Chez celui qui prétend ne pas comprendre, la raison ne réside pas dans le fait qu’il n’est pas clairvoyant lui-même, mais dans le fait qu’il refuse d’appliquer suffisamment son entendement ordinaire.


On peut donc être initié sans être clairvoyant, mais il faut alors faire confiance au clairvoyant. Le mouvement théosophique a aussi pour but de faire apparaître par la clairvoyance tout ce qui doit être diffusé. Pourquoi s’adresse-t-on au public ? Parce que l’on veut en faire, d’une certaine façon, un initié sans qu’il soit pour autant lui-même clairvoyant.


C’est la tâche du mouvement théosophique d’établir un rapport correct entre les enseignements et la manière de les transmettre au grand public. Or l’accès véritable aux mondes spirituels repose sur des méthodes bien précises. Je vous ai déjà exposé, en d’autres occasions, tout particulièrement la méthode rosicrucienne, c’est pourquoi je n’en évoquerai que quelques éléments.


Lorsqu’on désire conduire un être humain vers la clairvoyance, il faut tout d’abord développer les forces qui sont déjà en lui : penser, sentir, vouloir. Là, à ce degré élémentaire, se trouvent déjà bien des difficultés contre lesquelles on doit mettre en garde. Pour bien des gens, la clairvoyance est quelque chose d’attrayant, et ils y sont très attirés en entendant parler de théosophie. Mais ils sont souvent moins motivés lorsqu’on leur expose qu’il faut d’abord s’appliquer à un apprentissage.


La toute première chose que l’être humain doit considérer, c’est le développement de la pensée, bien avant d’atteindre la clairvoyance. Il est extrêmement difficile aujourd’hui de faire comprendre ce qu’est le développement de la pensée. Si vous étiez capables, par l’ouverture de vos sens supérieurs, de contempler les mondes spirituels, vous constateriez que ceux-ci se présentent tout différemment de ce que vous pouvez imaginer. En règle générale, on ne peut pas, sans ces facultés, se faire une idée des impressions que l’on retire des mondes de la clairvoyance, encore moins des mondes de la clairaudition ou de l’harmonie des sphères. Pourtant, une chose demeure dans tous les mondes : la pensée logique. Une pensée logique acquise ici est un guide certain dans le monde astral et spirituel. Les impressions y sont très variées, mais la logique demeure ; elle ne commence à changer que dans les mondes les plus élevés.


Dans les livres de théosophie on trouve une pensée dépourvue de sensoriel. Sans accueillir cette pensée-là, on s’expose à un certain danger. On peut certes obtenir de quelqu’un qu’il accède au monde astral, mais il ne faut pas oublier que sans être solidement debout sur le sol de la saine pensée, il ne lui sera pas possible de distinguer la vérité de l’illusion. Or, celui qui ne peut faire cette distinction est tout simplement atteint de folie, il n’est spirituellement pas bien portant et se trouve en danger de perdre son équilibre dès que le monde astral fond sur lui.


On peut s’approcher progressivement du monde astral en travaillant sur le sentiment, ce qui se fait par l’imagination. Je vais vous montrer comment cela se présente, comment cela éduque et introduit l’être humain dans le monde astral. Cela se passe dès lors que toutes les représentations issues des dogmes et des concepts abstraits sont transformées en images et se présentent en images. Ce que nous pensons, disons et apprenons sont des concepts abstraits, ne sont tout d’abord que spéculations. Cela ne conduira jamais personne dans les mondes supérieurs. L’homme n’accède peu à peu au monde supérieur que s’il transforme les concepts en images.


Comment cette transformation s’opère-t-elle ? Le maître rosicrucien disait à son élève : Vois la plante. Par sa racine elle tend vers la profondeur du sol, sa tige s’élève à la verticale et, au-dessus, se trouvent la fleur et le fruit. Compare maintenant la fleur à l’être humain ! On est tenté de penser superficiellement que la fleur correspond à la tête et les racines aux pieds. En vérité, la tête de la plante c’est la racine et les organes de la reproduction, ce que la plante porte chastement vers le haut, correspondent à la partie inférieure de l’être humain. La fleur oriente ces organes vers la lumière. Or, représente-toi cela clairement ; si tu orientais les organes de reproductions de la plante vers le bas, vers le centre de la Terre, ils seraient traversés de désirs et de passions. Ainsi nous avons en nous le contraire de la plante et nous sommes traversés de désirs et de passions. C’est ainsi que le corps humain est devenu chair alors que le corps chaste de la plante ne l’est pas.

Regarde maintenant l’animal : il se situe entre la plante et l’être humain. Plante, animal et homme, vers le haut, forment une croix qui s’étend sur toute la nature. On disait alors à l’élève : vois la plante qui tourne son calice vers le haut et reçoit le baiser du Soleil, du rayon de lumière appelé la sainte lance de l’amour. L’être humain a dû changer son corps végétal en chair traversée par le désir, mais il a, lui, devant ses yeux un idéal élevé.


Il convient de considérer maintenant le cœur humain et le larynx. Il y a en l’homme deux genres d’organes : ceux qui sont appelés à dégénérer et disparaître peu à peu, et ceux qui ne sont qu’au début de leur développement. Tous les organes inférieurs, les organes sexuels, sont appelés à disparaître. Cœur et larynx, eux, ne connaîtront le sommet de leur développement et leur perfection que dans le futur.


Je vous adresse la parole. Mes pensées sont en moi. Je les revêts par des mots. Ceux-ci sortent du larynx en provoquant des ondulations de l’air, par quoi mes pensées sont communiquées à vos âmes. Le larynx est l’appareil à provoquer les ondes aériennes et à faire sortir le contenu de l’âme. Si un inventeur pouvait découvrir un appareil à consolider les ondes aériennes, vous pourriez saisir mes pensées et mes paroles avec vos mains. Dans le futur, le larynx ne fera pas seulement sortir les paroles, mais il sera l’organe créateur, l’organe de la reproduction capable de donner naissance à des êtres semblables à l’homme (non à l’homme actuel, mais à l’homme futur, N.D.T.).


Il fut un temps où la nature végétale de l’homme n’était pas encore traversée par la nature passionnelle de la chair. Les organes apparus le plus tardivement dans la nature animale sont ceux qui disparaîtront aussi le plus vite ; ce sont les organes de la reproduction. Ceux-ci étaient longtemps présents comme organes végétaux chez l’être humain déjà fait de chair. C’est pourquoi on découvre des images, dans les collections, montrant l’être humain muni d’organes végétaux. La feuille de vigne chez l’Ève biblique est en vérité un symbole qui signifie que l’organe de reproduction n’était pas encore développé dans la chair. Il s’agit de comprendre les documents religieux originels. Les organes sexuels sont en voie de dégénérescence, tandis que le larynx est en pleine évolution. Lorsque l’être humain sera devenu à nouveau chaste, le larynx s’orientera à nouveau vers le Soleil spirituel. Le calice végétal s’est développé en une forme chamelle emplie de désir et le larynx se développera en un calice pur et chaste fécondé par l’esprit, par la sainte lance de l’amour. Nous avons là le symbole du saint Graal, de l’idéal élevé.


Comparez, essayez de ressentir ce que ressentaient les spectateurs de ces images ; Vous avez d’abord la première image proposée à l’élève rosicrucien. En passant d’une image à l’autre vous constatez que vos sentiments devant elles deviennent des faits. Vous percevez que ces images diffusent de la lumière. Cette lumière émane au demeurant toujours, mais l’homme inférieur ne la perçoit pas. En faisant l’expérience du mystère de l’imagination, on apprend à voir les sentiments. C’est le début.


Il n’y a pas de magie ; l’accès à la clairvoyance est tout d’abord un processus intime qui passe par l’imagination. Or il faut bien comprendre une chose - car dès l’instant où vous transposez votre vie intérieure en lumière, tout vous apparaît comme s’écouler - : l’être humain doit disposer alors de la force suffisante pour supporter ce qu’il voit ; il lui faut pour cela une force de caractère dont personne ne se fait une idée. Si par exemple vous mentez tout en n’étant pas clairvoyant, c’est déjà assez grave, mais si vous le faites en étant clairvoyant et, le mensonge vous devenant visible, vous voyez ce qu’il signifie au plan astral, vous comprendrez pourquoi on dit que là il devient meurtre. Et c’est ainsi. Admettez que vous ayez assisté à un événement ! Vous en faites pour vous une représentation et vous racontez un mensonge inventé. Un courant correct part de l’événement et un second courant, faux, part du mensonge ; leur rencontre provoque une redoutable explosion. Chaque fois que vous faites cela, vous accrochez à votre karma un être horrible dont vous ne pouvez plus vous séparer sans réparer votre mensonge.


Pour devenir clairvoyant, il faut développer trois vertus indispensables. La première est la confiance en soi, il faut être sûr de soi. La deuxième est la connaissance de soi, il ne faut pas reculer devant la reconnaissance des fautes commises. La troisième est la présence d’esprit, car bien des événements atteignent l’être humain sur le plan astral, mais c’est une autre chose encore de les percevoir. C’est pourquoi ces trois qualités doivent faire l’objet d’un développement. C’est de l’incurie lorsque dans des écoles ou des sociétés on prétend atteindre la clairvoyance sans cultiver ces trois qualités.


Lorsqu’on agit par une autre voie, par ce que l’on appelle l’écriture occulte, l’élève est conduit dans le monde spirituel dévachanique, dans l’audition. Il s’agit alors de pénétrer dans les images dont dispose le développement de l’humanité. Je vais mettre devant votre âme l’exemple d’une telle image.


Pensez à l’époque où l’être humain commençait seulement à prendre sa forme actuelle. La Terre était alors plus chaude, c’était une boule de feu, tous les minéraux et les métaux fondaient dans la Terre incandescente. Le physicien vous dira qu’il ne pouvait y avoir alors des hommes. - L’être humain descendait de la divinité et prenait sa forme dans la masse incandescente. La transformation est un processus lent. Si vous parveniez à voir cela, ce que peut le clairvoyant, vous verriez que l’être humain a pris pour enveloppe le corps de feu.


Où se trouve maintenant le feu qui brûlait alors sur la Terre ? Où est-il ? - dans votre sang. Toute la chaleur qui, dès ces temps reculés, se trouve dans les hommes et les animaux provient de l’incandescence de la Terre. Lorsque vous serez à nouveau capables un jour de transformer votre sang pour le rendre lumineux, ce sera le cas lorsque le larynx sera transformé en saint Graal, l’être humain émettra à nouveau des masses lumineuses. En approfondissant une telle image, l’être humain peut accéder à la clairvoyance, à la clairaudition. J’attire votre attention sur l’introduction à l’Apocalypse de Jean : « Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée, pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt… » Ce sont des images utilisées dans les écoles rosicruciennes pour le développement de l’être humain. Le clairvoyant doit apprendre à décrypter de telles images. Le développement de la Terre sera la parole, la parole sera auprès de l’homme et l’homme créera l’homme par la parole.




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