Évolution

Astrologie Le cycle de la lunaison

Voilà comment le Cosmos, la Vie, la Nature, Dieu, s’y prend pour nous faire aller d’un point A vers un point B. Rien n’est linéaire, le chemin se fait en spirale… même la croissance de la conscience. C’est toute l’histoire des aspects astrologiques qui sont eux-mêmes inclus dans des cycles.

Lorsque le temps se déplie dans l’espace il devient spirale et lorsque l’on sort de l’espace pour entrer dans le temps on voit défiler toute sa vie à rebours comme « si l’on tombait dans un siphon »…




L'expérience « intemporelle » survient dans une conscience qui débouche hors du temps existentiel…

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Dans cet état d'accomplissement, la conscience de l'homme appréhende le temps mais d'une façon nouvelle, comme l'éternité au sens véritable du mot. La conscience existentielle atteint à l'état de conscience éonique ; ce qui ne signifie pas l'inconscience mais au contraire un état de conscience capable d'embrasser dans son ensemble le cycle tout entier de l'existence de l'individu dont il émane. Dans cet état de conscience éonique, le « je » conscient s'est libéré des pressions contraignantes du milieu immédiat, de la famille, de la racine et de la culture qui ont façonné le moi.

En quelque sorte l'homme se trouve alors identifié au flux cyclique de l'existence ; mais cette identification n'est plus inconsciente. Il ne s'agit d'ailleurs pas vraiment d'une identification ; c'est plutôt un état de résonance, d'accomplissement dans une réponse vibratoire totale et parfaitement conformée à la tonalité fondamentale qui porte l'organisme individuel tout entier — le champ individuel d'existence — de sa naissance à sa mort, de l'alpha à l'oméga du cycle existentiel.

C'est donc cela que de vivre dans un état d'éternité — non pas s'échapper dans l'intemporel, mais s'accomplir dans la totalité du cycle de l'Être, dans l'Éon. Ce n'est pas se contenter de vivre d'instant en instant, toutes portes ouvertes aux influences changeantes et en se tenant disponible pour des relations toujours renouvelées, mais plutôt vivre chaque instant consciemment, avec ouverture, comme une phase particulière du processus de l'existence, en étant aussi imprégné que possible de la fonction, de la signification et de la finalité de la phase que l'on traverse dans l'économie du cycle tout entier.

Cette façon de vivre exige une transformation fondamentale du cadre de référence existentiel, et une approche radicalement différente du temps et de l'existence. La conscience individuelle doit s'ancrer dans la totalité du cycle existentiel dont on participe ou que l'on ressent en tant qu'ensemble continu. Cela représente un grand élargissement de la conscience mais cet élargissement est celui d'une conscience structurée alors que « l'expansion de conscience » que beaucoup recherchent aujourd'hui ressemble plutôt à une perte de soi-même dans une expérience subjective, extatique et informe d'unité avec tout. Il ne fait nul doute que ce genre de sentiment soit merveilleux à éprouver, mais c'est une expérience dont il faut inévitablement revenir pour rentrer dans un monde quotidien de différenciation, de catégories et de conflits.

Ce retour, par ses modalités et sa qualité, laisse souvent beaucoup à désirer ; tandis que la personne qui grandit, simplement et sans spectacle, pour entrer de plain-pied dans sa propre « éternité » n'a pas besoin de revenir puisqu'elle n'est pas partie. Elle est toujours présente.

Elle a les pieds sur la terre de l'expérience quotidienne, tandis que sa tête embrasse et accepte, avec la sérénité du Sage, la totalité de son existence, de l'alpha à l'oméga ; sa volonté est accordée au rythme constant et fondamental du Soi intérieur.

Dane Rudhyar - Vers une conscience planétaire