Mécanismes de défense


Le Moi est en lutte constante pour empêcher qu’aucune des deux autres structures psychiques en conflit permanent (Le Ça et le Surmoi) ne prennent le contrôle du psychisme. Il arrive que ces conflits entraînent une anxiété qui menace de submerger le Moi. Cette anxiété est un signal enjoignant au Moi de rassembler des mécanismes de défense, processus protecteurs inconscients qui maintiennent leur contrôle sur les émotions primaires associées au conflit en cause afin de permettre au Moi de continuer à remplir son rôle de coordinateur et de médiateur. Bien que Sigmund Freud soit à l’origine du concept de mécanismes de défense, c’est à sa fille, Anna Freud, que l’on doit le développement plus complet des idées qui y sont associées.


Chacun d’entre nous fait usage de mécanismes de défense à certains moments. Selon les situations, les mécanismes de défense que nous utilisons sont parfois adaptés, parfois non. Par exemple, vous est-il arrivé d’obtenir de médiocres résultats à un examen parce que le professeur était inéquitable dans sa notation et, une fois rentrée chez vous, de crier sur votre petit frère ou sur votre chien ? Ceci est un exemple de la manifestation d’un mécanisme de défense appelé déplacement. Le Moi s’adapte à la réalité en « décidant » que l’expression de la colère qui était en première instance orientée vers le professeur n’est pas une bonne idée. Le petit frère ou l’animal domestique représentant un moindre danger, il est alors possible de « déplacer » sur l’un d’eux la colère ressentie. Il est possible de rediriger l’énergie ou l’anxiété résultant d’un conflit intrapsychique vers un exutoire plus constructif comme l’activité professionnelle dans laquelle, grâce à cette réorientation énergétique, sera plus performante. Cette réorientation est un mécanisme que l’on appelle la sublimation.


Des conflits internes sévères peuvent déclencher des mécanismes défensifs d’échec. Notamment, les symptômes phobiques et obsessionnels sont parmi les réactions défensives d’échec les plus courantes qui reflètent la tentative inadéquate de gérer une situation psychiquement dangereuse. Selon la théorie psychanalytique, des éléments du danger qu’il reflète sont incorporés dans les symptômes phobiques. Par exemple, la phobie des chiens pourrait être en relation avec une peur infantile de castration ; un conflit interne propre aux individus de sexe masculin, évoquant la peur d’être attaqué et castré qui s’exprime consciemment par une peur d’être attaqué et mordu par un chien même quand la personne présentant la phobie « sait » parfaitement le chien inoffensif.


Les mécanismes de défense ont fait l’objet de recherches scientifiques qui ont débouché sur un certain nombre d’observations potentiellement intéressantes pour la compréhension de la psychologie. Par exemple, on note que la réduction des mécanismes de défense inadaptée et le renforcement de mécanismes d’adaptation sains comme l’humour et la sublimation étaient en corrélation positive avec la santé mentale. Ainsi, le concept de mécanismes de défense ou celui « de stratégies d’ajustement » dans la terminologie actuelle, conserve une importance et un intérêt certain dans l’étude de la psychopathologie.


Voici à titre d’exemple une liste de mécanismes de défense :


Déni : refus de reconnaître certains aspects de la réalité objective ou expérience subjective qui est pourtant apparente pour autrui.


Transfert ou déplacement : déplacement d’un sentiment ou d’une réaction à un objet ou à une personne vers un autre objet ou une autre personne, normalement moins dangereux.


Projection : attribution à tort à autrui de ses propres sentiments, pulsions ou pensées inacceptables.


Rationalisation : dissimulation de ses motivations réelles et de ses propres pensées, actes ou sentiments, derrière des explications rassurantes complaisantes, mais erronées.


Formation réactionnelle : substitution d’un comportement, de pensée, ou de sentiments personnels inacceptables, par d’autres, diamétralement opposées.


Refoulement : évitement délibéré de penser à des problèmes, désirs, sentiments ou expériences pénibles.


Sublimation : canalisation de sentiments ou de pulsions potentiellement inadaptées vers des comportements socialement acceptables. Par exemple les sports de contact pour canaliser des accès impulsifs de colère.




Les mécanismes de défense

Accueil Psychanalyse