Je vais introduire cette newsletter par la première strophe des poèmes orphiques de Goethe (1 817).




Comme au jour qui t’a donné au monde,

À son plus haut, le soleil soffrait au salut des planètes,

Aussitôt et sans t’arrêter jamais,

Tu as prospéré selon la loi sous laquelle tu fis ton apparition.

Ainsi faut-il que tu sois, à toi-même tu ne peux échapper,

Ainsi le disaient sibylles et prophètes ;

Et aucun temps et aucune puissance ne morcèlent

La forme signée qui en vivant se développe.




Dans cette strophe issue des poèmes orphiques, Goethe parle du jour où nous sommes nés et parle d’une loi à partir de laquelle nous commençons à prospérer dès que nous arrivons sur la terre. À nous-mêmes nous ne pouvons échapper, car nous sommes une forme signée qui se développe en vivant.


N’est-ce pas le propre d’une graine que de contenir en elle une signature, une information, qui va ensuite croître et s’épanouir selon ce qu’elle porte en elle ?


Mais de quelle information sagit-il ? Quelle est cette loi dont Goethe nous parle ?


La Création est ce qu’elle est et l’Homme nest pas encore libre… Il doit en partie se développer selon la loi du karma. La liberté ne s’acquiert que lorsque lHomme est confronté à cette loi. Elle dit en terme simple quun effet produit par l’Homme aura une conséquence. La loi du karma est une loi de cause à effet. Si plongez une grille de barbecue retirée du feu dans de l’eau froide il y aura une conséquence et si vous la retirez de cette eau froide pour la plonger dans une autre eau froide, il se produira autre chose. C’est cela la loi du karma.


Nous sommes donc tous porteurs d’une information contenue dans notre vie psychique, cette information étant la conséquence de quelque chose de moral en nous. De là, nous menons la vie que nous avons et nous ne pouvons pas faire autrement que de travailler sur nous-mêmes en fonction des événements que nous produisons.


Si nous souhaitons changer la vie que nous avons, si d’aventure cette dernière n’est pas en adéquation avec des valeurs plus profondes qui sommeillent en nous, il faut le faire avec ses tripes comme on dit !


Or, pour changer, nous devons comprendre la façon dont nous sommes psychiquement constitués, un peu comme si nous devions comprendre le mécanisme d’une horloge.


De plus, nous portons tous une information différente, car nos actions passées sont elles aussi toutes différentes. A quoi se rajoute que chacun de nous à son caractère, son tempérament.

Personne néchappe à des questions telles que celles-ci :


Pourquoi la vie est-elle si difficile ?

Pourquoi les hommes ne peuvent-ils s’entendre ?

Pourquoi ne nous laisse-t-on pas vivre en paix ?

Pourquoi y a-t-il des riches et des pauvres, des bien portants et des malades ?

Pourquoi suis-je né à cette époque ?

Pourquoi ai-je si peu de chance dans la vie ?

Pourquoi cet homme me poursuit-il de sa haine alors que je ne lui ai rien fait ?

Pourquoi ai-je fait telle rencontre ?

Pourquoi suis-je si peu doué ? Pourquoi ai-je telle infirmité ? Pourquoi ?

Quel est le sens de tout cela ? Mais y a-t-il un sens à l’existence ?



La chose la plus difficile à voir et à accepter est celle qui consiste à dire que l’on est soi-même à l’origine de ce qui nous arrive. Nous sommes responsables de ce que nous vivons et cette responsabilité est inscrite dans notre thème astral. Le thème astral est la structure profonde de notre psyché.


Voici ce qu’en dit Howard Sasportas dans le livre Le développement de la personnali :


« Au lieu de vous considérer à la naissance comme une simple page blanche et de croire que ce que l’on vous a fait dans votre enfance est à l’origine de vos opinions sur la vie et sur vous-même, l’astrologie psychologique estime que vous possédez déjà à la naissance une prédisposition innée qui s’attend à voir se produire certaines choses (Prédisposition inscrite dans le thème astral). Plus que le conditionnement de l’enfance, cest votre propre nature intérieure, telle qu’elle apparaît dans les configurations de votre thème de naissance, qui vous prédispose à percevoir l’expérience d'une certaine manière. Au cours de votre enfance, certaines attentes archétypiques ines vont structurer ce que vous filtrez de votre expérience ».



Cependant, même si l’Homme a des prédispositions à percevoir l’expérience dune certaine manière, que cela conditionne sa vie, il a cette particularité de pouvoir faire une marguerite même si les forces de la nature lui on imprimées une information coquelicot. L’Homme peut modifier ce qu’il est au fil du temps et sur ce chemin il gagne en liberté. Il devient vainqueur en s’élevant au-dessus de lui-même, au-dessus de tout ce qui se trouve dans son astralité : les joies, les peines, les désirs, les passions. Les héros tels que Jason, Hercule, Ulysse sont des exemples d’êtres qui se sont dépassés eux-mêmes pour trouver l’or spirituel.


La liberté s’acquiert lorsque la conscience s’élève au-dessus du plaisir ou du déplaisir, de l’attraction ou de la répulsion. La vérité renferme une valeur en soi et nous sommes en quête de cette vérité sans laquelle nous ne pouvons pas trouver le repos. Rechercher cette rité c’est lui reconnaître une existence indépendante.


Plus l'âme s’est élevée, plus elle ennoblit ses plaisirs, ses inclinations, ses impulsions, de manière que tous ses sentiments se conforment eux-mes au devoir sans contrainte ni assujettissement. Comme le Vrai, le Bien porte en soi une valeur d'éternité.


Voici comment Dane Rudhyar exprime l’absence de contraintes et d’assujettissement dans son livre Triptyque astrologique :


« Vivre dans la foi, c'est vivre dans la plénitude et l'harmonie. C'est déverser autour de soi la richesse intérieure de son être, tout en accueillant avec gratitude l'abondance divine, l'Esprit qui vivifie ; ainsi se trouvent équilibrés le courant intérieur et l'activi extérieure. Dieu atteint le cœur de l'homme lorsque ce dernier parvient à remplir la place et la fonction que le destin lui a assignées. Il ne peut alors y avoir ni épuisement, ni maladie, ni manque d'énergie, ni congestion. Le mouvement puissant de la vie universelle opère en force harmonieuse, en beauté et créativité, dans et à travers la conscience individualisée. Chaque instant, chaque geste s'accomplit dans la paix ; et l'homme croît à jamais dans l'immortalité qui englobe des plans de l'être de plus en plus vastes, d'accomplissement en accomplissement, d'éternité en éternité ».



Cependant, avant de vivre dans la plénitude et l’harmonie, les éléments de la destinée engendrent un Homme immensément complexe qui réunit en lui des principes contradictoires que l’on retrouve dans son thème astral.


L’existence lui apparaît alors comme une lutte perpétuelle pour vivre et harmoniser des forces intérieures opposées qui semblent s’exclure. Mais l’existence de contradictions est un appel à les dépasser, car cest en sélevant sur la montagne que l’on s’éloigne de la bataille tout en pouvant l’observer d’un point de vue plus élevé.


Mais avant de penser à des points de vue plus élevés, il faut rappeler qu’au début de son existence, l’homme vit dans une inconscience presque complète. Il suffit d’observer le nourrisson pour se rendre compte que toute son attention est dirigée vers les processus organiques de croissance et de nutrition et que tout son être est comme perdu dans cette sensation intérieure. Ce n’est que peu à peu que le petit enfant s’éveille au monde extérieur et lon voit la lumière qui sallume dans ses yeux au fil du temps, au sourire gracieux quil offre, au jeu de ses mains, comment sa conscience arrive à surgir des processus organiques.


Le psychiatre allemand Rudolf Treichler exprime le développement organique de l’enfant de cette façon :


Les 7 premières années de la vie de lenfant appartiennent au développement physique qui, à la naissance, est loin d'être « fini ». Ce n'est qu'aps la naissance que se forment ou s'achèvent les structures et les organes essentiels. Ainsi dans le cerveau, la substance blanche, qui fournit à la pensée son assise corporelle ritable, n'apparaît pour l'essentiel qu'après la naissance (la myélinisation). Ce n'est qu huit ans que la maturation du cerveau est accomplie, au point que cet organe ne présente plus de différences anatomiques notables avec le cerveau adulte. Les germes dentaires ne sont mûrs pour l'essentiel que vers sept ans, et peuvent alors émerger peu à peu de la mâchoire lors de la deuxième dentition.


Ainsi sont formés les derniers organes du corps physique. C'est une activité créatrice qui vient à terme dans le corps, et elle ne saurait se renouveler sous cette forme. Désormais, toute activité constructive nécessaire dans les organes pour compenser leur déstructuration permanente ne sera que reproduction, non pas nouvelle création. L'enfant vient enfin de former son corps à lui à partir du « modèle corporel » fourni par l'hérédité et utilisé comme maquette. Vers sept ans, ce processus s'achève par l'apparition « des dents appartenant en propre à l'être humain », « à la place des dents reçues en ritage ».


Cette période des 7 premières années est une riode ou l’enfant apprend à se redresser, à marcher, à parler, et enfin à penser. Mais il ne sait pas encore se distinguer de tout ce qui l’entoure et il se nomme encore du nom qu’on lui donne : « Bébé », etc.


La première étincelle de la conscience du moi le touche quand enfin il sait dire : « je », « moi ». Et c’est aussi le moment auquel nous ramènent nos souvenirs, quand nous essayons de nous rappeler notre prime jeunesse.


Cette conscience du moi, encore embryonnaire, ne cesse de grandir et de se développer au cours de lenfance et de l’adolescence. Et l’expérience de la vie montre que ce développement, tout en se ralentissant, ne sarrête jamais, surtout si, à partir de l’âge adulte, l’Homme prend sa propre évolution en mains pour la conduire vers un élargissement toujours plus vaste de son être.


Sauf accident de santé affectant les organes du système neuro-sensoriel, il devient manifeste que la conscience que nous avons de nous-mêmes et du monde atteint son point culminant au moment de la mort. Le chemin que nous parcourons au cours de notre existence terrestre est donc celui de l’inconscience vers la conscience.


Avec lâge, nous voyons mieux, plus loin et plus profondément, tous les aspects de notre vie.


En élargissant ainsi le champ de notre conscience, nous étendons également le domaine de la liberté. Nos actes pleinement réfléchis, et de ce fait empreints d’une responsabilité croissante, peuvent devenir de plus en plus les actes dun être vraiment libre.


Au but de son existence, dans linconscience totale, le nouveau- élabore cet instrument merveilleux qu’est le corps, avec les matériaux apportés par le courant héréditaire qui vient des parents. Et la jeunesse baigne dans le milieu elle est placée et dont les influences marquent pour la vie. L’enfance est un moment ou se rendre compte et se défendre est quasi impossible.


À l’éveil de la pleine conscience du moi, à l’adolescence, nous nous trouvons garçon ou fille, avec tels dons ou telles tares, dans telles conditions favorables ou néfastes que néralement nous n’aurions pas choisies si nous avions pu être consultés.


Ce sont là les « données » du départ (Ainsi faut-il que tu sois, à toi-même tu ne peux échapper, ainsi le disaient déjà sibylles et prophètes). Ces « données » sont le véhicule avec lequel nous partons dans cette course que nous mènerons jusqu’à la mort.


À propos des conditions de la naissance :


Durant notre enfance et notre adolescence, nous serons marqués par des intoxications, des préjugés et des conditionnements divers en même temps que des enseignements de valeur nous seront donnés par des éducateurs choisis pour leur conformité avec nos erreurs et acquis antérieurs. C’est à dire en conformité avec la loi de karma.


Entre vingt et quarante ans, nous vivrons alors en conformité avec, ou en réaction contre ces pjugés imposés ou ces enseignements reçus, et ainsi reconstruits.


Ensuite, nous suivrons l'exemple de nos parents ou éducateurs ou bien nous emprunterons une démarche diamétralement opposée à la leur, suivant que le thème astral laissera partre une dominante conformiste ou réactive.



Et paradoxalement, dans les deux cas, nous ne ferons que satisfaire nos inclinations inhérentes à ce que nous étions dans notre vie passée.


C'est durant la période de vingt à quarante ans que vont se rejouer, dans la pratique, au travers des vécus, tous nos errements de vie antérieure, comme si nous devions vivre ainsi une récapitulation générale pour reconnaître tous ces terrains minés déjà trop parcourus auparavant. C'est vers la quarantaine, en moyenne générale, qu'est souhaitée la réorientation vers les objectifs potentiellement ancrés dans le thème astral.


Il va de soi que le chemin vers la liberté ne se clenchera pas sans un certain choc dans la mesure la nouvelle voie requise est quasiment opposée à notre démarche de vingt- quarante ans.


Ceci explique pourquoi, dans la plupart des vies, c'est aux environs de la quarantaine qu'interviennent ruptures, divorces, pertes de situation, maladies accidents, etc.



Nous voyons que les facteurs antagonistes inhérents à toute vie humaine - entre prédestination et liberté - ne gardent pas la même importance au cours de la vie : la détermination est maximum à la naissance - pour l’édification du corps notamment -, puis elle décroît et c'est alors la liber qui croît et qui atteint son apogée à la mort. La conscience étant le résultat des efforts de chacun vers la liberté.


Dans une vie conduite avec attention, avec introspection, avec lucidi et analyse, la conscience de soi ne cesse de croître et de se développer.


Un courant puissant de forces se déverse dans le nouveau- afin d’organiser dabord le corps qui deviendra linstrument de la prise de conscience. En avaant dans la vie, le courant de force semble se tarir, la découverte de tous les jours ne se fait plus, lHomme prend des habitudes, il a une situation, s’est marié et à vingt- cinq ans il estime que son développement est terminé.


La destinée fait partie ingrante de nous-mêmes et tout ce que nous allons rencontrer au cours de notre existence est aussi exactement adapté à notre être que l’est la forme du nez, la couleur de nos cheveux, la structure de notre ossature. Avec la loi du karma, il ne peut en être autrement.


Lorsque l’on comprend bien cette loi du karma, elle n’apparaît comme contrainte sur l’Homme que dans la mesure elle lui permet la liberté.

Il faudrait évoquer ce qui se passe avant que l’Homme naisse sur la terre pour approfondir certaines notions et certains concepts.


L’âme humaine entre par la porte de la naissance dans le monde avec une structure archétypique (le thème astral) conforme à ses vies passées (la forme signée qui en vivant se développe et à laquelle on ne peut échapper) et passe ensuite la porte de la mort avec une conscience plus éveillée d’elle-même.


Si la vie aérienne est pour la chenille du papillon la dernière étape, c’est la vie céleste qui s’ouvre à la conscience humaine après son développement terrestre.


C’est pourquoi l’astrologie est l'algèbre de la vie. L'astrologie c'est naître avec les étoiles, cest naître avec ce qui va permettre l’élévation de la conscience de soi.


De cosmos inconscient nous devenons cosmos conscient.


Dans chaque Homme qui prend conscience c’est la conscience de lunivers qui s’éveille en lui.


Petit à petit le microcosme qu’est l’Homme s’enrichit du macrocosme qu’est l’univers.


La naissance de l’Homme est nourrie des forces cosmiques qui vont l’accompagner tout au long de sa vie et à sa mort lHomme nourrit le macrocosme par l’enrichissement de ses expériences terrestres.


Par une respiration, par un rythme, par une alternance identique à la veille et au sommeil, l’Homme grandit sur la terre au sein de l’univers comme un embryon dans le sein de sa re.


L’Univers nous fabrique de ses forces un corps physique (Un courant puissant de forces se déverse dans le nouveau- afin d’organiser d’abord le corps qui deviendra l’instrument de la prise de conscience), puis nous devenons selon l’expression de Blaise Pascal : « Un roseau pensant ».


L’émancipation de la pensée sur le thème astral dont notre corps est tissé est le fondement d’une ritable astrologie ; c’est la prise de conscience de soi.





Pascal Patry - juin 2017


La destinée

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