La paranoïa

Il existe diverses formes cliniques de la paranoïa qui se manifestent à des degrés divers.


C’est à des degrés divers que se manifeste une vigilance interne indispensable à la survie dans le monde.


Lorsque les circonstances de la vie nous y contraignent, une hypervigilance, sinon dans certaines situations une méfiance reste du domaine de la « normalité ». Certaines personnes ne possèdent pas ou ne possèdent plus cette vigilance interne et il sera nécessaire de la restaurer au cours d'un travail thérapeutique. Une vigilance salutaire et indispensable peut se transformer en hypervigilance lorsque nous traversons des lieux dangereux, lorsque nous sommes en état de guerre, d'enlèvement, etc. maintenir régulièrement une hypervigilance déconnectée par rapport au réel mène à des attitudes dites paranoïdes ou également dénommées paranoïa sensitive.


Lorsque l'environnement extérieur ne nous contraint pas à une hypervigilance intérieure, des caractéristiques peuvent apparaître allant du trait de caractère, à la personnalité paranoïaque, voire à des délires paranoïaques. Voir le schéma ci-dessus qui décrit un continuum des formes cliniques de paranoïa.


Rappelons que le thérapeute qui sait garder une vigilance interne ne se laissera pas facilement manipuler par ses patients. Il sera habile à détecter les demi-vérité et les alibis et pourra aider son patient à s'interroger sans trop de complaisance.


Le mot paranoïa vient d'un mot grec qui signifie « folie » (para : "contre" et noûs : "esprit"). Ce terme né au XIXe siècle signifie donc « qui pense à côté ». Il a longtemps été synonyme de maladie mentale. Il n'a acquis un sens plus restrictif qu'après les travaux de Sigmund Freud et d'Emil Kraepelin. Aujourd'hui, il désigne une psychose chronique caractérisée par un délire systématisé à caractère pseudo-logique sans hallucinations, ni affaiblissement intellectuel. En ce cas, la relation au monde est altérée, mais non rompue comme dans la schizophrénie. La relation est unilatéralement faussée, car la personnalité de type paranoïaque résonne juste sur des prémisses fausses. La persécution représente le délire dominant.


Exemple :


« Le versement du salaire est en retard, c’est donc que mon employeur le fait exprès pour me nuire ».

« Si mon mari s’adresse à d’autres femmes, c’est pour me faire du mal ».


La paranoïa est donc un délire systématisé sans

hallucinations ni détérioration intellectuelle.
C’est une psychose chronique caractérisée par un délire systématisé cohérent,

clair, logique, élaborée à partir d'une idée précise, d'un fait réel.



La caractéristique principale du trouble paranoïaque se traduit par une méfiance soupçonneuse à l'égard des autres. Le patient paranoïaque s'imagine que les autres l'exploitent, que leurs intentions sont désobligeantes sinon malveillantes et qu'ils ont en permanence l'intention de lui nuire ou de le tromper, même si aucune preuve ne vient confirmer ces atteintes. La psychorigidité, se traduisant par une impossibilité de changer de point de vue, un manque de souplesse d'esprit et un refus total de réfléchir sur les arguments présentés, favorise l'apparition de la paranoïa. La plupart du temps, le paranoïaque conserve une insertion sociale et ne présente pas de « faiblesse » intellectuelle comme par exemple le pervers narcissique. La volonté d'imposer son opinion à autrui et de ne pas accepter la contradiction en sont également les ferments. La paranoïa peut donc se résumer en un délire chronique d'interprétation du monde extérieur que l'on peut caractériser comme suit :


Discours pseudo logique
Relation au monde unilatéralement faussé
Délire de persécution
Absence d'hallucination et de faiblesse intellectuelle
Insertion sociale


Les troubles apparaissent à l'âge adulte entre 30 et 40 ans. L'âge du début peut-être relativement tardif contrairement à la schizophrénie qui apparaît chez le jeune adulte. Les délires paranoïaques surviennent le plus souvent de façon insidieuse et progressive chez des personnes d'âge moyen (35 à 45 ans).


On estime les personnes atteintes de paranoïa entre 0,5 et 2 % de la population générale. Les pathologies de type paranoïaque occuperaient 10 à 30 % de la population hospitalisée en psychiatrie est de deux à 10 % des consultations en psychiatrie. Ces troubles sont marqués dans les groupes minoritaires, plus fréquents chez l'homme et dans les couches sociales favorisées.


Historiquement, on trouve de nombreux paranoïaques qui occupent des positions élevées de dirigeants comme Hitler, Staline, Saddam Hussein, directeurs de sectes, présidents de groupes internationaux, etc.


Les symptômes les plus courants de la paranoïa sont :


Hypertrophie du moi.
Égocentrisme et orgueil exacerbé jusqu'à la mégalomanie.
Rigidité des modes de pensée allant jusqu'au fanatisme.
Ambitieux, obstiné, jugeant, intolérant.
Froideur affective, mépris, modestie feinte.
Méfiance, suspicion, soupçon et sentiment de persécution.
Hypersensibilité, susceptibilité, doutes, recherche de motifs cachés.
Échecs ou refus interprétés comme des humiliations.
Intelligence, recherche confirmation de ces idées préconçues.
Vigilance extrême, capacité de percevoir les dangers.
Solitude, difficultés d'adaptation sociale.
Orgueil et surestimation de soi.
Absence d'autocritique et fausseté du jugement.
Méfiance et susceptibilité.
Difficultés d'adaptation sociale.




Les formes cliniques de la paranoïa

Les délires paranoïaques

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