La psychologie humaniste

Carl Gustav Jung et Alfred Adler étaient deux disciples de Sigmund Freud, mais ils se sont séparés du fondateur de la psychanalyse suite à de profonds désaccords. Le désaccord le plus central portait sur la définition de la nature fondamentale de l’être humain. Sigmund Freud dépeignait la vie comme un vaste champ de bataille où nous serions constamment à deux doigts de succomber au danger de nous laisser submerger par les forces les plus obscures qui agissent en nous - le Ça et le Surmoi.


Carl Gustav Jung et Alfred Adler mirent en exergue les aspects positifs et optimistes de la nature humaine. Carl Gustav Jung parlait en termes d’objectifs à se fixer, de regards apportés sur le futur et de la réalisation la plus complète que possible de son potentiel d’épanouissement.


Alfred Adler, quant à lui, croyait que la nature humaine ne parvient à réaliser totalement son potentiel que quand elle contribue au bien-être d’autres individus ou de la société dans son ensemble. Selon lui, nous nous efforçons constamment d’atteindre des niveaux supérieurs de développement intellectuel et moral.


Quoi qu’il en soit, tant Alfred Adler que Carl Gustav Jung sont restés fidèles dans leur théorisation à bon nombre des principes de la pensée psychanalytique. La philosophie générale de Carl Gustav Jung et d’Alfred Adler a été reprise et adopté vers la moitié du XXe siècle par les théoriciens de la personnalité qui donnèrent naissance aux courants d’idées connues sous le nom de psychologie humaniste.


Le mot d’ordre de cette école de pensée était l’affirmation de soi. L’idée de base qui sous-tendait cette philosophie était que nous pouvons tous réaliser le plus au niveau de notre potentiel dans tous les domaines du fonctionnement psychologique à la seule condition que nous ayons la liberté de nous développer.


Ce qui, selon cette perspective théorique, nous empêche d’atteindre cet objectif, ce sont les divers obstacles inévitables que nous rencontrons sur la voie de l’affirmation de nous-mêmes. Du fait que chaque individu est foncièrement bon, la plupart des obstacles à notre épanouissement personnel sont de nature externe. Des conditions de vie difficile ou stressante ou des expériences interpersonnelles peuvent nous détourner de notre Soi authentique.


Abraham Maslow proposa la description la plus systématique de la structure de la personnalité. Il postula une hiérarchie de besoins commençant par les besoins physiques de base de nutrition et de sexe, les plus élémentaires et indispensables à notre simple survie, puis s’échelonnant, au sommet de sa pyramide, vers les besoins les plus élevés d’affirmation et d’estime de soi. Les besoins sociaux comme l’amitié, se situent quelque part au milieu de cette hiérarchie. L’hypothèse d’Abraham Maslow étant que nous pouvons progresser dans cette hiérarchie sans avoir satisfait les besoins qui se situent aux niveaux inférieurs.




























Du point de vue de la psychothérapie, c’est Carl Rogers qui a été la personne la plus influente de l’approche humaniste. Il fut à l’origine de la thérapie centrée sur le client, ensuite connu sous le nom de thérapie centrée sur la personne. Cette approche thérapeutique requiert du thérapeute qu’il prenne un rôle passif et s’aventure dans le moins d’interprétations possible. Le but de cette approche psychothérapeutique est de permettre à l’individu de se développer en cours de thérapie sans être entravé par des menaces contre son Moi.


Les théoriciens humanistes accordent une grande foi à l’aptitude qu’ont les relations humaines de favoriser le développement individuel. L’attention positive inconditionnelle, c’est-à-dire l’acceptation totale et sans réserve de la plupart des sentiments et actes du patient, est la clé de voûte de l’approche humaniste.


L’empathie du thérapeute doit exprimer une compréhension compatissante des vues personnelles du patient sur le monde. Le résultat espéré de la thérapie centrée sur la personne est que cette dernière soit plus franche et honnête envers elle-même et son entourage et qu’elle puisse accéder à sa propension innée à se développer personnellement.


À l’instar de la psychanalyse, l’approche humaniste à exercer une influence importante sur les théories des relations interpersonnelles. Par exemple, les mouvements pour le potentiel humain, si populaires dans les années 1960 et 1970, furent le résultat direct de l’approche théorique humaniste. Celle-ci souligne également l’importance de la relation thérapeutique, mais de façon très différente que ne l’a fait Sigmund Freud. Plutôt que de la considérer comme moyen pour aboutir à une fin, les thérapeutes humanistes croient que la relation humaine, y compris la relation thérapeutique, constitue la seule et la plus positive influence favorisant le développement personnel. Rogers apporta d’importantes contributions à l’étude scientifique de la relation patient/thérapeute.



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