réflexion sur la relation d’aide - 1

“La volonté permet de grimper sur les cimes ; sans volonté on reste au pied de la montagne.”

Quelques réflexions sur la relation d’aide


Une relation d’aide passe par plusieurs étapes que sont l’accueil, l’écoute attentive et bienveillante, la posture physique d’accueil, des outils de communication comme l’écoute active et la reformulation.


Savoir écouter une plainte


Écouter provient du latin « ascultarer » ou « auscultare », soit ausculter, c’est-à-dire s’appliquer à entendre, à « prêter attention à », mais aussi recevoir, accepter, par exemple, les conseils de quelqu’un. Écouter, c’est écouter au-delà de ce qui est dit et de ce que l’on entend. Quelle est la vraie raison de la personne qui vient me consulter aujourd’hui ? Et pourquoi vient-elle chez moi et pas chez un collègue ?


Lorsque nous sommes à l’écoute de quelqu’un nous devons lui manifester de l’intérêt, de l’écouter réellement, d’être tourné vers lui dans une véritable attitude intérieure d’écoute.


Il s’agit d’être disponible, en forme, « curieux » de ce que nous allons découvrir, de ce que la personne vient nous exposer. Une attitude d’ouverture de cœur, de corps et d’esprit est indispensable.


Durant ce moment d’écoute, nous devons laisser au placard notre désintérêt, notre agacement, notre ennui, nos émotions et être véritablement ouvert à celui ou celle que nous accueillons.


Il faut bien saisir qu’une personne qui souhaite faire état de sa vie intérieure à une autre personne a parfois attendu plusieurs semaines, sinon plusieurs mois, avant d’oser faire la démarche de consulter et demander aide et conseils.


Elle doit se sentir profondément accueillie afin de pouvoir déposer ce qui lui tient à cœur.


Lorsqu’un être humain fait une confidence à un autre être humain, il vient avec son mode de pensée, ses croyances, sa culture et ses peurs. Il a des attentes conscientes et inconscientes, des inquiétudes, des souhaits et des espoirs qu’il ne perçoit pas souvent de manière claire et consciente. C’est grâce à l’écoute et à la perspicacité de l’écoutant qu’il va pouvoir peu à peu déplier et ouvrir la raison de sa venue ; il va pouvoir exposer sa plainte même si ça n’est pas sous la forme d’une plainte telle qu’on l’entend habituellement.


Dans son humanité, l’écoutant peut-être dans certains cas perturbé, ému, décontenancé sinon irritée. Le travail psychothérapeutique qu’il aura suivi au préalable lui permettra de gérer son contre-transfert et de conserver sa neutralité bienveillante.


Écouter l’autre c’est aussi s’écouter soi-même, c’est-à-dire accepter d’être touché par l’autre, à se laisser transformer par ce qu’il a à nous dire, par ce qu’il nous apporte, sans nous laisser déstabiliser ni nous laisser envahir par la vie émotionnelle. Il s’agira de s’appuyer sur ce centre en soi où règnent une solidité et une stabilité suffisante pour être le socle sur lequel l’autre va pouvoir s’appuyer. Encore une fois, le travail psychothérapeutique que le thérapeute aura suivi au préalable lui permettra à se centrer dans cette solidité et cette stabilité intérieure.


Écouter activement l’autre c’est mettre en œuvre sa volonté, ce n’est pas seulement entendre passivement les paroles qui sont prononcées. Il existe une alchimie subtile entre les êtres humains qui fait que chacun des deux partenaires de la relation sait. Même lorsque nous sommes en grande souffrance, nous savons et nous ressentons quelle est la position de l’autre vis-à-vis de nous, sans pouvoir forcément la dire et la décrire. C’est pourquoi, une communication au travers d’une écoute active passe par l’ouverture à l’autre, la centration sur soi, la capacité à être orienté vers l’autre, la capacité au travers de son propre ressenti de comprendre ce qui se passe à la fois chez soi et chez l’autre - ce que l’on appelle la gestion du transfert et du contre-transfert -, la capacité de reformuler ce qu’a dit l’autre en vue d’un approfondissement, d’une meilleure compréhension de ce qui a été dit, tout en montrant que l’on a bien entendu, que l’on a bien compris et que l’on souhaite aller plus loin par l’approfondissement.


Lorsque quelqu’un reformule correctement ce que vous venez de dire et qu’il le reformule avec les mots et une intonation juste, non seulement vous vous sentez compris, mais en plus vous vous sentez en sécurité dans une dynamique où vous vous sentez compris, entendu, aidé.


L’ouverture à l’autre demande une perception du réel. Or nous avons tous des filtres qui sont de l’ordre culturel, religieux, philosophique, organique et génétique. L’aidant doit être informé et conscient de ses divers filtres afin que la relation ne s’embourbe pas, mais s’ouvre au contraire sur une incommensurable richesse humaine. Cette ouverture est un germe de vie qui ouvre à la découverte de l’autre.


Lorsque le thérapeute souhaite aider son patient/client il est important qu’il soit centré et en accord avec lui-même, c’est-à-dire qu’il est en présence de lui-même. Il n’est pas possible de trouver un équilibre lorsque nous sommes dépassés par des émotions ; qu’elles proviennent du patient ou qu’elles jaillissent au fond de nous. Le thérapeute devrait autant que possible laisser au placard sa propre histoire personnelle lorsqu’il écoute l’histoire de quelqu’un d’autre ; sauf si c’est pour délivrer une tranche de vie utile à son patient/client.


Être à l’écoute, être orienté vers l’autre, signifie être dirigé vers ce qui n’est pas nous, c’est être libéré de nos propres préoccupations. Être en éveil et diriger vers l’extérieur est plus productif dans l’écoute que d’être dirigé vers soi. Il y a un équilibre subtil à trouver entre la centration sur soi qui permet de comprendre l’autre et l’orientation vers l’autre qui permet d’accueillir.


Être à l’écoute, c’est aussi parfois observé un silence attentif, car cela permet au patient/client de se recentrer sur lui-même, de se calmer intérieurement. Lorsque le silence est habité par la présence de l’autre la peur et l’angoisse du vide disparaissent. Les temps de silence permettent aux souvenirs de remonter à la surface, de rassembler ses idées, de structurer sa pensée avant de l’exprimer, de se laisser aller à l’émergence des émotions. Se taire, c’est contemplé ce qu’on ne connaît pas.

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