Le Retard mental dans l’enfance et l’adolescence


La caractéristique essentielle du Retard mental est un fonctionnement intellectuel général significativement inférieur à la moyenne, qui s'accompagne de limitations significatives du fonctionnement adaptatif dans au moins deux des secteurs d'aptitudes suivants :


communication, autonomie, vie domestique, aptitudes sociales et interpersonnelles, mise à profit des ressources de l'environnement, responsabilité individuelle, utilisation des acquis scolaires, travail, loisirs, santé et sécurité.


Le début doit survenir avant l'âge de 18 ans. Le Retard mental a de nombreuses étiologies [1] différentes et peut être vu comme la voie finale commune de divers processus pathologiques affectant le fonctionnement du système nerveux central.


Le fonctionnement intellectuel général est défini par le quotient intellectuel (QI ou équivalent-QI) évalué à l'aide d'un ou de plusieurs tests standardisés d'intelligence générale, passés de façon individuelle. Échelles de Wechsler, Test de Binet-Stanford, Batterie de Kaufman pour les enfants.


On définit un fonctionnement intellectuel significativement inférieur à la moyenne par un QI aux alentours de 70 ou au-dessous. Il faut remarquer qu'il existe une marge d'erreur d'environ 5 points dans l'évaluation d'un QI, bien que celle-ci puisse varier d'un instrument à l'autre. Par exemple on considère qu'un QI de 70 aux Échelles de Wechsler recouvre l'intervalle 65- 75.


Il est ainsi possible de faire le diagnostic de Retard mental chez des personnes ayant un QI compris entre 70 et 75 et présentant des déficits significatifs du comportement adaptatif. Inversement, le diagnostic de Retard mental ne devrait pas être posé chez un individu ayant un QI inférieur à 70 en l'absence d'altérations ou de déficits significatifs de l'adaptation. Le choix des instruments de mesure et l'interprétation des résultats devraient prendre en compte les facteurs qui peuvent limiter les performances aux tests. Par exemple le contexte socioculturel du sujet, sa langue maternelle, les handicaps associés moteurs ou sensoriels et les troubles de la communication.


Lorsqu'il existe une dispersion significative des scores aux subtests, le profil des points forts et des points faibles reflétera avec plus de précision les capacités d'apprentissage de la personne que ne le ferait un QI global calculé mathématiquement. Lorsqu'il existe une nette divergence entre le score verbal et le score de performance, le calcul d'un QI global peut être trompeur.


Ce sont les altérations du fonctionnement adaptatif, plus qu'un QI bas, qui constituent le tableau symptomatique des individus ayant un Retard mental.


Le fonctionnement adaptatif fait référence à la façon dont l'individu fait effectivement face aux exigences de la vie courante et à sa capacité à atteindre les normes : l'autonomie personnelle que l'on peut attendre eu égard à son groupe d'âge particulier, son contexte socioculturel et son environnement. Le fonctionnement adaptatif peut être influencé par divers facteurs comme l'éducation, la motivation, les caractéristiques de la personnalité, les possibilités socioprofessionnelles, et les troubles mentaux ou problèmes médicaux généraux qui peuvent coexister avec le Retard mental. Les problèmes d'adaptation sont davantage susceptibles d'être améliorés par les tentatives de traitement que le QI cognitif, celui-ci ayant tendance à rester un attribut plus stable.


Il est utile de rassembler les preuves des déficits du fonctionnement adaptatif à partir d'une ou de plusieurs sources indépendantes fiables (Par exemple, appréciation d'un enseignant et histoire scolaire, développementale et médicale).


Plusieurs échelles ont également été mises au point pour quantifier le fonctionnement ou le comportement adaptatif. Par exemple les Échelles de comportement adaptatif de Vineland et l'Échelle de comportement adaptatif de l'Association Américaine sur le Retard Mental. Ces échelles fournissent un score clinique seuil, qui est un composé des performances dans plusieurs domaines d'aptitudes adaptatives. On remarquera que quelques-uns de ces instruments ne comportent pas de scores pour certains domaines adaptatifs particuliers et que la fiabilité peut varier considérablement d'un domaine à l'autre. De même que pour l'évaluation du fonctionnement intellectuel, il faut prendre en considération l'adaptation de l'instrument au contexte socioculturel de la personne, à son niveau d'études, aux handicaps associés, à sa motivation et à sa coopération. Par exemple, la présence de handicaps significatifs invalide les normes de nombreuses échelles d'adaptation. De plus, des comportements qui seraient normalement considérés comme mal adaptés (Par exemple dépendance, passivité) peuvent être la preuve d'une bonne adaptation dans le contexte de vie d'un individu particulier (Par exemple dans certaines situations institutionnelles).



Degrés de sévérité du Retard mental


On peut spécifier quatre degrés de sévérité reflétant le niveau du déficit intellectuel léger, moyen, grave et profond.


Retard mental léger : niveau de QI de 50-55 à 70 environ

Retard mental moyen : niveau de QI de 35-40 à 50-55

Retard mental grave : niveau de QI de 20-25 à 35-40

Retard mental profond : niveau de QI inférieur à 20-25

Retard mental, sévérité non spécifiée : peut être utilisé lorsqu'il existe une forte présomption de Retard mental mais que l'intelligence du sujet ne peut être mesurée par des tests standardisés. Par exemple avec des sujets trop perturbés ou avec des nourrissons.




[1] Définitions d’étiologie, nom féminin


MÉDECINE – Étude des causes d’une maladie. L’étiologie des névroses. Ensemble de ces causes.


PHILOSOPHIE – Étude des causes d’un phénomène ; réflexion sur la causalité du monde. Étiologie et téléologie.


Le retard mental dans l’enfance et l’adolescence

« De nos jours, la folie, ou l’anormalité fondamentale des hommes réside dans la divergence entre essence et personnalité.

Plus un homme se connaît tel qu’il est, plus il s’approche de la sagesse.

Plus l’image qu’il a de lui-même diverge de ce qu’il est vraiment, plus il devient fou ».


Rodney Collin

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