Le rôle de l’astrologue - En consultation

Un jour, je lisais un magazine sur les relations publiques, lorsque je fus attiré par la phrase suivante : « Nous sommes dans l'Ère de la Consultation. »


L'article expliquait que dans une société devenue extraordinairement complexe et spécialisée, les gens, confrontés à des problèmes de travail ou d'organisation sociale, en sont venus à consulter régulièrement des spécialistes et des conseillers dont le rôle est de clarifier leurs problèmes, de leur permettre d'affronter leurs possibilités, ou, tout simplement, de confirmer que la bonne direction est prise.


Ce qui est une réalité dans le monde des affaires, ou dans celui, infiniment plus risqué, du gouvernement et de la diplomatie, est également vrai dans la vie privée. Des individus fatigués et confus vont voir des « conseillers », des « consultants » - psychologues, naturopathes, conseillers conjugaux, médiums ou clairvoyants, astrologues.


Les gens ont besoin d'être conseillés bien plus que du temps du curé ou du médecin de famille ; et les conseils qu'ils attendent doivent être plus précis, plus « scientifiques » qu'auparavant - c'est-à-dire qu'ils ne demandent plus des principes généraux concernant la morale, la religion ou l'hygiène, mais des techniques très claires et très précises qui leur permettront de régler leurs problèmes.


L'immense succès des livres du style « comment faire pour… » témoigne de cette soif d'information technique, mais tous ces livres ne semblent pas devoir remplacer totalement les conseillers, car les gens commencent à comprendre que le seul problème qui se cache derrière tous les autres, c'est en fait eux-mêmes ; et on ne peut se connaître réellement et objectivement qu'à travers quelqu'un d'autre, qui nous fait miroir.


Et les livres sont trop saturés d'encre pour pouvoir refléter le regard anxieux du lecteur !


Bien sûr, il y a toutes sortes de conseillers ; il y a une grande différence entre le spécialiste financier consulté par un PDG, l'éminent scientifique dont on demande l'avis pour construire un appareil de physique compliqué, et l'astrologue professionnel ou le clairvoyant renommé auxquels s'adressent des personnes qui ont des problèmes sur le plan des relations interpersonnelles.


Cependant, quelle que soit la forme de la consultation, il est bon de suivre un certain nombre de règles pour que le travail réponde vraiment à ce qu'il doit être, non seulement au premier niveau qui concerne le conseil, mais surtout à celui, plus profond et psychologique, qui touche à l'effet que la consultation peut avoir sur la personne.


Celle-ci demande, le plus souvent, des informations précises, mais, en réalité, elle réclame bien plus : elle a besoin d'être rassurée et elle doit se sentir, après la consultation, mieux à même de prendre en main ses problèmes. En d'autres termes, le conseiller doit non seulement être capable d'informer - ce qu'un livre ou une machine peut finalement très bien faire, mais surtout de redonner confiance. Tous les conseillers n'agissent pas ainsi, bien au contraire.


Il y a quelques années, un Comité de la Croix-Rouge s'est penché sur le rôle du conseiller et la nature de sa fonction.


Le conseiller est une personne :


1) à laquelle on demande de l'aide ;

2) qui aide les autres à s'aider eux-mêmes ;

3) qui a une connaissance très étendue et un point de vue objectif ;

4) qui est spécialement formée ;
5) qui sait créer la demande d'aide chez les autres ;
6) dont le conseil peut être accepté ou rejeté ;

7) qui n'est ni celui qui agit ni celui qui exécute ;

8) qui doit disposer de suffisamment de temps pour pouvoir faire un travail éducatif.


Ces qualifications s'appliquent fort bien au rôle et à la nature de l'astrologue.


Comme je le dis depuis de nombreuses années, l'astrologie est une technique qui permet d'aider à résoudre des problèmes qui ne peuvent être bien compris et réglés par des méthodes rationnelles ou sans soutien extérieur. Mais le mot « problème » peut être ambigu.


Dans le sens où je l'emploie ici, il se réfère à des situations dont certains éléments ne sont pas clairs et engendrent, de ce fait, confusion et conflits - une situation qui demande de prendre une décision qui s'avère impossible faute d'informations suffisantes.


Avant de prendre une décision, il est effectivement nécessaire de comprendre objectivement les causes de la situation qui nous pose problème ; un choix réellement clair et « libre » ne peut se faire qu'à partir d'un jugement objectif.


Cependant, dans la vie, nous avons souvent à franchir une nouvelle étape sans savoir ce que les autres personnes impliquées dans le processus feront ou peuvent faire, sans savoir ce que le proche futur sera, ou bien comment nous réagirons quand nous serons confrontés aux conséquences directes ou indirectes de nos actes. C'est ce qui fait toute l'ambiguïté du concept de « libre arbitre ».


Sommes-nous « libres » de décider quand il n'y a aucun moyen de connaître les causes de la situation qui exige un choix, sans même connaître les résultats des choix possibles ?


L'animal choisit l'acte, juste poussé qu'il est par ses instincts. Les humains ont développé leur intelligence aux dépens de certains de leurs instincts. Mais l'intelligence exige des fondements conscients pour exprimer ses jugements ; la plupart du temps, ces fondements n'existent pas. Comment se fier à la fameuse « voix de l'intuition » quand il se peut que cette voix vienne d'ailleurs - d'un complexe psychologique, de la peur, de la paresse, ou même d'une « entité » réelle (d'une pression exercée par une entité psychique, un « persuadeur caché »).


Dans ces conditions, l'astrologie peut réellement nous aider, car nous avons besoin d'aide !


Mais il y a aide et aide ! Nous pouvons être liés à celui qui nous aide de manière compulsive et irrationnelle, mais nous pouvons aussi être aidés pour nous aider nous-mêmes. Dans le premier cas, nous acceptons passivement les dictais d'une source d'information autoritaire qui usurpe notre prérogative sacrée, inhérente à notre condition d'homme, de prendre des décisions ; dans le deuxième cas, il nous est offert une perspective nouvelle, une façon nouvelle de considérer nos problèmes, et des bases sérieuses à partir desquelles il nous est possible de prendre une décision - une décision objective, consciente et motivée.


Certains astrologues - comme certains médiums « inspirés » et « faiseurs de miracles » - ne sont que trop prêts à annoncer ce qui va arriver, comment il faut agir, ce qui est bon ou non pour nous, etc. Les gens se précipitent chez eux, car la plupart des êtres humains sont tout heureux d'accepter une « autorité » et de « connaître la Vérité » (avec un « V » capital).


D'autres astrologues sont de vrais conseillers ; « ils possèdent une connaissance étendue et ont un point de vue objectif », et ils sont spécialement formés et « habilités ».


Mais ils n'ont pas du tout envie « d'être celui qui agit » ou « celui qui exécute ». Ils établissent une relation vraiment consultative avec leurs consultants, de telle sorte que l'avis qui est donné « peut être aussi bien accepté que refusé ». La seule chose sur laquelle ils insistent - ou devraient insister si cela était possible (ce qui est rarement le cas) - c'est qu'il leur « faut disposer de suffisamment de temps pour faire un travail éducatif », car toute consultation astrologique devrait être une forme d'enseignement et être une expérience renouvelée ; il n'y a pas, en effet, d'enseignement sans répétition.


De quel genre d'éducation s'agit-il ?


Apprendre à porter un regard objectif sur l'ensemble de sa vie et devenir conscient des rythmes fondamentaux de l'existence. On devrait étudier avec attention les rythmes qui ont agi dans les années écoulées : une compréhension vivante du passé nous permet de savoir comment il faut agir dans le présent pour préparer un futur constructif où nos potentialités innées pourront être actualisées plus pleinement et plus harmonieusement.


Il n'est pas possible pour l'astrologue de prédire des événements futurs précis ; s'il le faisait, l'astrologie serait funeste et destructive pour l'intégrité de la personne. Personne ne peut prédire des événements individuels, pas même Dieu ; dans ce type de prédictions, des facteurs absolument essentiels sont omis.


Il existe, en Inde, un certain nombre d'ouvrages très anciens où la destinée exacte de tous les individus, même nés aujourd'hui, serait déjà écrite depuis des siècles ; seule une personne ayant passé des tests très sévères et sélectifs était autorisée à entendre les prophéties la concernant.


Autrement dit, seule cette personne, parmi toutes celles nées le même jour, devait prouver qu'elle était la seule à travers laquelle s'exprimerait un pattern archétypique spécifique pour l'expérience de l'âme - pattern qui se traduirait par des événements particuliers.


Le rôle de l'astrologue est de révéler la structure interne de la vie, le rythme fondamental (la « forme ») du processus de vie qui va de la naissance à la mort. Mais si cette structure est déterminée, cela ne veut pas dire que les événements susceptibles de se produire dans son cadre soient eux-mêmes prédéterminés. Un verre peut contenir aussi bien un vin délicieux que du poison, mais les deux liquides épousent la forme du verre. Chacun de nous a une structure interne qui lui est propre et qui est la structure de son être profond et individuel. Elle est aussi sa « destinée » - si par destinée on entend l'« indicateur horaire » nous permettant de savoir à quels moments de la vie le potentiel inscrit dans le thème peut éventuellement être actualisé ; cette actualisation ne peut être qu'une éventualité dans la mesure où bien des gens n'actualisent, au cours de leur vie, qu'une infime partie de leurs potentialités innées.


L'astrologie nous dit ce qui « peut » être actualisé et non ce qui « va » arriver. Mais, comme son rôle est de révéler l'ordre structurel inhérent à l'être, elle peut aussi « éduquer » celui-ci à faire face à sa vie quotidienne avec un esprit méthodique et objectif - c'est-à-dire en fonction de tout son potentiel d'être de ce que le Zen appelle sa « nature fondamentale ».


Le véritable astrologue est un spécialiste en valeurs structurelles qui éclaire sur l'évolution de la personnalité, un spécialiste en destinée humaine. Il peut être consulté sur tous les sujets concernant l'actualisation du potentiel personnel - sur tout sujet se rapportant à la question : « Comment puis-je devenir ce que je suis fondamentalement en tant qu'ensemble organique vivant ? »


Dans son rôle de conseiller, l'astrologue peut, théoriquement du moins, répondre à cette question et à tout ce qui en découle. Mais, dans ce rôle, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il dise à son client ce qui lui arrivera le mois prochain ou l'année prochaine, ou encore ce qu'il doit faire, car c'est là le domaine d'un devin ou d'un oracle. Cette distinction est capitale et il est nécessaire de la faire pour éviter les déceptions et les illusions.


Un conseiller astrologique doit avoir, je le répète, une connaissance étendue de la nature humaine et des conditions sociales qui prévalent dans l'environnement de son consultant [1] ; il devrait également avoir un point de vue objectif ; que son approche ne devrait pas être colorée par une attitude subjective et par des considérations personnelles.


Bien sûr, il devrait être formé et compétent. Et il est important qu'il intègre un certain nombre de principes fondamentaux inhérents au travail de consultant. En premier lieu, malgré toute la confiance qu'il a en lui, le consultant sent bien que le conseiller ne peut se mettre à sa place. Une approche subjective a toujours quelque chose de suspect et parfois d'incompréhensible pour celui qui est subjectivement et émotionnellement impliqué dans une situation profondément bouleversante.


Aussi faut-il que l'astrologue remonte dans le passé du consultant, à un moment où il a vécu des problèmes plus ou moins identiques, pour lui montrer, comme le ferait un fin psychologue, les conséquences internes ou externes des crises passées mal intégrées. Il peut ainsi lui prouver qu'il est en « empathie » avec lui, qu'il peut comprendre ses émotions les plus profondes ; une atmosphère de confiance est ainsi créée qui se situe au-delà de l'aspect technique, à un niveau vraiment humain.


Le conseiller doit aussi savoir que le consultant aura tendance, d'une manière générale, à résister à tout conseil qui impliquerait un changement essentiel dans son attitude. Vouloir que la situation se transforme sans pour autant avoir nous-mêmes à nous transformer, quoi de plus humain ?


C'est pourquoi il est très important de donner au consultant une vision globale de sa vie, en lui décrivant les grandes phases et les grands cycles de son développement (les transits planétaires, le cycle de la lunaison progressée, les cycles numérologiques comme ceux de 7 et 28 ans).


Une « personne » ne veut pas changer parce qu'elle est hypnotisée par le moment présent. Mais ce « maintenant » n'a guère de sens pour le moi s'il n'est pas intégré dans la structure et le développement rythmique de la vie dans son ensemble. Les premières règles d'une jeune fille peuvent avoir un effet dramatique pour elle si on ne lui dit pas qu'elles sont une phase dans le développement total de son corps et de sa vie en tant que femme et, éventuellement, en tant que mère.


Le « présent » n'est qu'une phase fugitive du cycle du temps il n'a de signification que lorsqu'il est intégré dans le processus cyclique de la vie dans sa globalité, de la naissance à la mort - et, théoriquement, même au-delà, si la réincarnation est une certitude que l'on peut vivre intelligemment et consciemment. « Pourquoi est-ce que cela m'est arrivé ? » est la question le plus souvent posée à l'astrologue par le client inquiet.


Pour avoir une réelle valeur, la réponse doit situer la place et la fonction que l'expérience difficile occupe dans le schéma global de la vie qui indique les grandes phases d'actualisation du potentiel natal. Dire « Ah oui, Saturne transite en ce moment votre Vénus et fait carré à Mars », n'est pas très éclairant.


Cela donne plutôt un côté plus objectif, inéluctable et effrayant à la situation. Si Saturne est concerné, il est bon que l'astrologue étudie avec son client tout le cycle de la planète, tous les aspects qu'elle fait, ses transits successifs à travers les maisons ; surtout, il doit donner la vision globale des transits et des progressions et ne pas insister sur un aspect isolé apparemment difficile. Toutes les planètes sont tout le temps en mouvement, qu'elle forme un aspect exact ou non avec une autre planète. Il est essentiel de décrire l'interrelation globale de tous les cycles planétaires par rapport au thème natal au moment de la consultation.


Autre point important dans la relation astrologue-client qu'il convient de souligner : le besoin impératif qu'a le client de résoudre immédiatement son problème. Le désir de résultats rapides et de solutions faciles est un fléau de la vie moderne. Dans notre société, le facteur temps est rarement pris en considération par celui qui est en difficulté et qui a perdu le contact avec le rythme primordial des saisons de la vie et du lent processus biologique qui s'accomplit au long des années.


Nous traversons une période de grande transformation à une vitesse accélérée et nous vivons une crise due à la transition entre deux ères cosmiques, aussi ne supportons-nous plus les retards ; nous ne sommes pas conscients non plus qu'il soit nécessaire que s'accomplisse un processus de guérison et de « rédemption » qui doit s'amorcer, pour pouvoir se réaliser correctement, à partir des profondeurs de l'esprit de l'Humanité pour remonter lentement vers la surface.


Cet esprit a été grièvement blessé au cours des deux millénaires écoulés - période qui a vu l'homme passer du vieux stade tribal, lié à la terre, aux traditions, à l'exclusivisme, et atteindre un état, encore à peine discernable, d'organisation planétaire et de coopération qui devrait être harmonieuse. Et la psyché des consultants en pleine croissance est en général déviée ou apeurée par de vieux complexes, de vieux souvenirs, de vieilles peurs dont le psychologue ou l'astrologue doivent tenir compte.


Aujourd'hui, on a tendance à considérer le travail de la psychanalyse ou de la psychiatrie comme un processus long et coûteux ; et pourtant on attend toujours que l'astrologue puisse, en l'espace d'une heure ou deux seulement, apporter une solution et rendre l'espoir et la foi en soi-même. L'astrologue est sous pression ; il doit découvrir immédiatement des remèdes magiques qui libéreront - le plus rapidement possible - l'esprit de leurs consultants de toute angoisse et leur permettront d'être heureux.


Bien sûr, cela est impossible et cette attitude est due au fait que la plupart des gens considèrent encore l'astrologie comme un art mystérieux capable de guérir toutes sortes d'angoisses et d'incertitudes. Dans notre perspective, l'astrologie est une technique de compréhension et une discipline de pensée ; elle permet au consultant d'acquérir une vision nouvelle de sa vie et une compréhension plus objective et plus structurée de la place et du sens qu'ont, dans le cycle de sa vie, ses expériences et ses crises les plus importantes. Elle aide à faire d'une crise apparemment dépourvue de sens, un processus cathartique, le prélude d'une renaissance à un niveau de conscience plus élevé et plus inclusif. Elle peut dire si le client se trouve au début, au milieu ou à la fin de certains cycles et s'il est sage ou non d'aller de l'avant ou d'attendre des temps plus opportuns et plus justificatifs.


L'astrologue, comme d'ailleurs tout autre conseiller, n'a pas à prendre de décisions à la place de son consultant ; car il est essentiellement un éducateur et un conseiller ; son devoir est d'aider son client - peut-être même de le pousser à avoir une nouvelle approche de ses problèmes, notamment des problèmes liés aux relations avec les autres et avec les traditions sociales. Bien sûr, pour que cette aide puisse s'effectuer, l'astrologue et son consultant doivent communiquer réellement, même s'il est souvent très difficile pour l'astrologue de communiquer tout ce qu'il voit dans le thème, dans la mesure où l'astrologie est un langage très spécifique, dont les symboles ne sont pas aisément traduisibles en termes ordinaires, plus ou moins précis, et ayant un sens plus concrètement familier pour le consultant.


C'est un langage que les scientifiques de formation universitaire ont encore plus de mal à comprendre, car les mots qui le composent peuvent avoir plusieurs niveaux de compréhension et avoir un sens positif ou négatif suivant les circonstances. Ce que l'astrologue « ressent » de la situation de son client à travers le thème de ce dernier ne peut donc pas être exprimé en termes bien définis et bien concrets.


À cet égard, l'astrologue est dans une position semblable à celle d'un véritable clairvoyant qui « voit » un symbole (ou une scène symbolique) et qui sait que c'est là la solution du vrai problème. Celui-ci n'est pas toujours le problème pour lequel le client est venu en consultation, aussi la solution exprimée par le symbole est-elle difficile à formuler pour communiquer au client le vrai sens de la situation qu'il est en train de vivre.


En fait, ce genre de difficulté existe, quel que soit le type de consultation - médicale, psychologique, astrologique, sociologique - lorsqu’émergent des problèmes touchant à l'individu et aux relations interpersonnelles. Dans ces domaines, les niveaux de réalité s'interpénètrent et les éléments conscients ne peuvent être entièrement séparés des pulsions, des espoirs ou des peurs inconscientes, ou à moitié conscientes. C'est ce qui rend ces professions à la fois si fascinantes et si dangereuses. Elles nécessitent, de la part du conseiller, non seulement une connaissance très étendue de la nature humaine et de la technique qu'il utilise, mais aussi de résonner en sympathie avec son client de telle sorte que l'avis qu'il va donner, transcende ses paroles et se communique à travers la vibration de son attitude et de ce qu'il porte en lui.


Cette capacité requiert beaucoup de talent et peu de conseillers sont réellement à la hauteur [2]. Et pourtant, ce ne sont pas ces quelques excellents conseillers qui sont les plus recherchés, car la grande majorité des personnes veulent des solutions claires et nettes, des recettes faciles exprimées en termes suffisamment simples pour que leur ego puisse les comprendre rapidement, solutions et recettes qu'ils oublieront d'ailleurs aussitôt ou qu'ils n'arriveront pas à mettre en pratique par pure paresse ou par indifférence ! Il y a un temps pour toute chose. Le conseiller doit avoir un sens aigu du « timing ». Certaines choses peuvent être dites à la fin d'une consultation, qu'il n'aurait pas été possible de dire au début et qui auraient même été franchement nuisibles à ce moment-là. Là encore, l'astrologue est sérieusement desservi par la forme traditionnelle de la relation astrologue-client : un entretien relativement bref à l'issue duquel le client s'attend à tout savoir.


Une nouvelle forme de relation est aujourd'hui absolument nécessaire - et, en réalité, une nouvelle approche de l'astrologie. Certains astrologues contemporains veulent « élever » l'astrologie au rang de « science » en utilisant les statistiques et autres outils analytiques tant vénérés dans les « usines officielles du savoir » (les universités). Une telle attitude n'apportera rien de réellement constructif pour aider à résoudre les problèmes que pose la relation astrologue-client. Il vaudrait mieux que cette relation soit moins efficace, car, pour l'être vraiment, il faudrait qu'elle devienne une relation de personne à personne - et la science n'a que faire des cas particuliers, seules les moyennes statistiques l'intéresse.


La science n'est pas concernée par les valeurs humaines, et une personne vient en consultation pour demander de l'aide. Même si c'est la curiosité qui la motive consciemment au départ, elle recherche une aide, inconsciemment. Elle vient avec sa personnalité unique et individuelle, même si le problème semble commun à tous les hommes. Et c'est bien avec cette dimension personnelle que le conseiller doit travailler.


Dane Rudhyar †

Astrologie et psyché moderne



[1] Pour cette raison, l’astrologue devrait être un « humaniste » et être formé, et s’informer constamment sur des disciplines telles que : l’histoire, la sociologie, la géographie, la communication, la psychologie, etc.


[2] De plus, et avant tout, il est nécessaire que l'astrologue ait entrepris sur lui-même un tel travail de transformation personnelle et de réalisation spirituelle. Cela réclame de sa part une discipline intérieure que seuls les « grands enseignements » de l'humanité sont susceptibles de lui apporter. En soumettant sa volonté à une volonté supérieure (que ta volonté soit faite et non la mienne »), il évitera ainsi de tomber dans les pièges si fréquents du pouvoir, du complexe du gourou ou du Messie.

Astrologie