Structure du psychisme


Selon Sigmund Freud, notre esprit, c’est-à-dire notre psychisme, est constitué de trois parties ou fonctions principales : Le Ça, le Moi et le Surmoi.


Ces termes, comme beaucoup d’autres issues de la psychanalyse, ont trouvé leur chemin dans notre vocabulaire courant, mais bien que vous ayez pu les entendre vous pourriez ne pas en connaître leur sens original.


Le Ça est la source de nos puissantes pulsions ou énergies sexuelles et agressives. Il est essentiellement l’animal qui sommeille en nous. Incontrôlé, il ferait de nous des violeurs et des tueurs. On peut citer quelques phrases du langage populaire : « Ça été plus fort que moi, Ça m’a dépassé… ».


L’énergie où la pulsion contenue dans le Ça est la libido. Aujourd’hui encore, certains décrivent leur manque de désir sexuel en terme d’absence de libido. Une moins importante source d’énergie qui fut théoriquement moins développée par Freud est l’instinct de mort ou Thanatos. Ces deux instincts essentiels, en lutte permanente l’un contre l’autre, nous font tendre d’une part vers la vie et la réalisation de nous-mêmes et de l’autre vers la mort et la destruction.


Le Ça opère en fonction du principe de plaisir avec comme objectif prioritaire de maximiser le plaisir et d’éliminer toute source ou forme de tension ou de conflit. Les fins du plaisir, particulièrement dominant durant l’enfance, sont souvent en conflit avec les normes et les règles sociales. Le Ça traite l’information d’une façon qui lui est caractéristique et que Freud a désigné par le concept de processus primaires, mode réflexif très émotionnel, irrationnelle, illogique, saturé de fantasmes et essentiellement soucieux de sexe, d’agression, d’égoïsme et d’envie.


Heureusement pour nous, selon la perspective freudienne, les pulsions égoïstes et parfois dangereuses du Ça sont sous contrôle et, en réalité, seulement quelques mois après notre naissance, nous savons déjà que nous devrons adapter la réalisation de nos besoins essentiels aux exigences du monde réel. Autrement dit, nous devons trouver les moyens de satisfaire nos besoins élémentaires, sans porter préjudice à notre entourage. Dits de façon plus succincte, nous devons agir avec réalisme.


La partie de notre psychisme qui assure un comportement réaliste de notre part et le Moi qui opère selon le principe de réalité au lieu du principe du plaisir. Les opérations cognitives ou styles de pensée du Moi sont caractérisés par la logique et la raison et sont désignés comme processus secondaire, par contraste avec les processus primaires réflexifs, illogiques et irrationnels du Ça.


La troisième structure importante de l’esprit, le Surmoi ou ce que nous désignerions par la conscience, représente les principes moraux instillés en nous par nos parents et notre culture. C’est cette petite voix en nous qui nous rappelle à l’ordre quand nous faisons quelque chose de répréhensible. Étant donné que le travail du Surmoi consiste à contrer les pulsions agressives, dangereuses et sexuelles du Ça, les sources essentielles de nos conflits internes nous sont d’ores et déjà apparentes.


Le rôle du Moi est celui de médiateur des conflits qui opposent le Ça et le Surmoi en équilibrant les exigences de ces derniers pour les faire correspondre et les adapter aux réalités du monde. Le Moi est en quelque sorte, le directeur exécutif ou le gestionnaire de notre cerveau. Quand ce travail de médiation du Moi s’effectue correctement, nous pouvons poursuivre normalement notre vie et l’orienter vers des horizons intellectuels et créatifs progressivement plus élevés. Quand ce travail de médiation échoue, le conflit nous submerge et devient l’origine du développement d’un trouble psychologique. Ces conflits ayant lieu dans notre esprit, nous les désignons par le concept de conflits intrapsychiques.


Le célèbre cas d’Anna O chez qui il avait été observé l’impossibilité de se souvenir d’événements émotionnels importants, mais désagréables, provenant de conflits intrapsychiques, est un cas typique en psychanalyse. C’est à partir de ce genre de cas et d’autres observations que, pour expliquer les processus inconscients, Sigmund Freud conceptualisa les structures mentales décrites : le Ça, le Moi et le Surmoi.


Sigmund Freud pensait que le Ça et le Surmoi étaient presque entièrement inconscients. Nous ne saurions, en fait, totalement conscient que des mécanismes secondaires du Moi, ce dernier ne représentant qu’une partie relativement ténue de notre psychisme.



La structure du psychisme

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