A


Abréaction


Décharge émotionnelle par laquelle un sujet se libère de l’affect attaché au souvenir d’un événement traumatique, lui permettant ainsi de ne pas devenir ou rester pathogène. L’abréaction, qui peut être provoquée au cours de la psychothérapie, notamment sous hypnose, et produire alors un effet de catharsis, peut aussi survenir de manière spontanée, séparée du traumatisme initial par un intervalle plus ou moins long.


(règle d'—) Abstinence


Règle de la pratique analytique selon laquelle la cure doit être menée de telle façon que le patient trouve le moins possible de satisfactions substitutives à ses symptômes. Il implique pour l’analyste le précepte de se refuser à satisfaire les demandes du patient et à remplir effectivement les rôles que celui-ci tend à lui imposer. La règle d’abstinence peut, en certains cas et en certains moments de la cure, se spécifier dans des consignes concernant des comportements répétitifs du sujet qui entravent le travail de remémoration et d’élaboration.


Accomplissement de désir


Formation psychologique dans laquelle le désir est imaginairement présenté comme réalisé. Les productions de l’inconscient (rêve, symptôme et par excellence le fantasme) sont des accomplissements de désir où le désir s’exprime sous une forme plus ou moins déguisée.


Acte manqué


Acte où le résultat explicitement visé n’est pas atteint mais se trouve remplacé par un autre. On parlera d’actes manques non pour désigner l’ensemble des ratés de la parole, de la mémoire et de l’action mais pour les conduites que le sujet est habituellement capable de réussir, et dont il est tenté d’attribuer l’échec à sa seule inattention ou au hasard.


Freud a montré que les actes manqués étaient, comme les symptômes, des formations de compromis entre l’intention consciente du sujet et le refoulé.


 Acting out


Terme employé en psychanalyse pour désigner les actions présentant le plus souvent un caractère impulsif relativement en rupture avec les systèmes de motivation habituels du sujet, relativement isolable dans le cours de ses activités, prenant souvent une forme auto – ou hétéro-agressive. Dans le surgissement de l’acting out le psychanalyste voit la marque de l’émergence du refoulé. Quand il survient au cours d’une analyse (que ce soit dans la séance ou en dehors d’elle), l’acting out est à comprendre dans sa connexion avec le transfert et souvent comme une tentative de méconnaître radicalement celui-ci.


Action spécifique


Terme utilisé par Freud dans certains de ses premiers écrits pour désigner l’ensemble du processus nécessaire à la résolution de la tension interne créée par le besoin : intervention externe adéquate et ensemble des réactions préformées de l’organisme permettant l’achèvement de l’acte.


 Activité – passivité


Un des couples d’opposés fondamentaux dans la vie psychique. Il spécifie des types déterminés de buts pulsionnels. Considérée d’un point de vue génétique, l’opposition actif-passif serait première par rapport aux oppositions ultérieures dans lesquelles elle vient s’intégrer : phallique-castré et masculin-féminin.


 Affect


Terme repris en psychanalyse de la terminologie psychologique allemande et connotant tout état affectif, pénible ou agréable, vague ou qualifié, qu’il se présente sous la forme d’une décharge massive ou comme tonalité générale. Selon Freud, toute pulsion s’exprime dans les deux registres de l’affect et de la représentation. L’affect est l’expression qualitative de la quantité d’énergie pulsionnelle et de ses variations.


Agressivité


Tendance ou ensemble de tendances qui s’actualisent dans des conduites réelles ou fantasmatiques, celles-ci visant à nuire à autrui, le détruire, le contraindre, l’humilier, etc. L’agression connaît d’autres modalités que l’action motrice violente et destructrice ; il n’est aucune conduite aussi bien négative (refus d’assistance par exemple) que positive, symbolique (ironie par exemple) qu’effectivement agie, qui ne puisse fonctionner comme agression. La psychanalyse a donné une importance croissante à l’agressivité, en la montrant à l’œuvre très tôt dans le développement du sujet et en soulignant le jeu complexe de son union et de sa désunion avec la sexualité. Cette évolution des idées culmine avec la tentative de chercher à l’agressivité un substrat pulsionnel unique et fondamental dans la notion de pulsion de mort.


 Allo-érotisme


Terme parfois utilisé, par opposition à auto-érotisme : activité sexuelle qui trouve sa satisfaction grâce à un objet extérieur.


 Altération du moi


Ensemble des limitations et des attitudes anachroniques acquises par le moi au cours des étapes du conflit défensif, et qui retentissent défavorablement sur ses possibilités d’adaptation.


 Ambivalence


Présence simultanée dans la relation à un même objet, de tendances, d’attitudes et de sentiments opposés, par excellence l’amour et la haine.


 Ambivalent, préambivalent, postambivalent


Termes introduits par K. Abraham : qualifient, du point de vue de la relation à l’objet, l’évolution des stades libidinaux. Le stade oral dans sa première phase (succion) serait préambivalent ; l’ambivalence apparaîtrait dans la deuxième phase (morsure) pour culminer au stade anal, se poursuivre au stade phallique et ne disparaître qu’après la phase de latence avec l’instauration de l’amour d’objet génital.


 Amnésie infantile


Amnésie qui recouvre généralement les faits des premières années de la vie. Freud y voit autre chose que l’effet d’une incapacité fonctionnelle qu’aurait le petit enfant à enregistrer ses impressions ; elle résulte du refoulement qui porte sur la sexualité infantile et s’étend à la presque totalité des événements de l’enfance. Le champ recouvert par l’amnésie infantile trouverait sa limite temporelle dans le déclin du complexe d’Œdipe et l’entrée dans la période de latence.


(dépression —) Anaclitique

 

Terme créé par René Spitz (1) : troubles qui évoquent cliniquement ceux de la dépression chez l’adulte et qui surviennent progressivement chez l’enfant privé de sa mère après qu’il a eu avec elle, pendant au moins les six premiers mois de sa vie, une relation normale.


(interprétation —) Anagogique


Terme utilisé par Silberer : mode d’interprétation des formations symboliques (mythes, rêves, etc.), qui expliciterait leur signification morale universelle. Elle s’opposerait donc, puisqu’elle oriente le symbole vers des « idéaux élevés » à l’interprétation analytique qui réduirait les symboles à leur contenu particulier et sexuel.


Analyse didactique


Psychanalyse que suit celui qui se destine à l’exercice de la profession de psychanalyste et qui constitue la pièce maîtresse de sa formation.


Analyse directe


Méthode de psychothérapie analytique des psychoses préconisée par J. N. Rosen. Elle tire son nom de l’usage d'« interprétations directes » fournies aux patients et qui se caractérisent ainsi :


a) Elles portent sur des contenus inconscients que le sujet exprime verbalement ou non (mimique, posture, gestes, conduite) ;


b) Elles n’exigent pas l’analyse des résistances ;


c) Elles ne recourent pas nécessairement à la médiation de chaînons associatifs.


Cette méthode comporte de plus une série de procédés techniques destinés à établir une relation affective étroite, d'« inconscient à inconscient », dans laquelle le thérapeute « doit devenir pour le patient la figure maternelle qui ne cesse de donner et de protéger » (1 a).


Angoisse automatique


Réaction du sujet chaque fois qu’il se trouve dans une situation traumatique, c’est-à-dire soumis à un afflux d’excitations, d’origine externe ou interne, qu’il est incapable de maîtriser. L’angoisse automatique s’oppose pour Freud au signal d’angoisse.


Angoisse devant un danger réel


Terme (Realangst) utilisé par Freud dans le cadre de sa seconde théorie de l’angoisse : angoisse devant un danger extérieur qui constitue pour le sujet une menace réelle.


(— rétroactive) Annulation


Mécanisme psychologique par lequel le sujet s’efforce de faire en sorte que des pensées, des paroles, des gestes, des actes passés ne soient pas advenus ; il utilise pour cela une pensée ou un comportement ayant une signification opposée.


Il s’agit là d’une compulsion d’allure « magique », particulièrement caractéristique de la névrose obsessionnelle.


Aphanisis


Terme introduit par E. Jones : disparition du désir sexuel. Selon cet auteur, l’aphanisis serait, dans les deux sexes, l’objet d’une crainte plus fondamentale que la crainte de la castration.


Appareil psychique


Terme qui souligne certains caractères que la théorie freudienne attribue au psychisme : sa capacité de transmettre et de transformer une énergie déterminée et sa différenciation en systèmes ou instances.


Après-coup


Terme fréquemment employé par Freud en relation avec sa conception de la temporalité et de la causalité psychiques : des expériences, des impressions, des traces mnésiques sont remaniées ultérieurement en fonction d’expériences nouvelles, de l’accès à un autre degré de développement. Elles peuvent alors se voir conférer, en même temps qu’un nouveau sens, une efficacité psychique.


Association


Terme emprunté à l’associationnisme et désignant toute liaison entre deux ou plusieurs éléments psychiques dont la série constitue une chaîne associative.


Attention (également) flottante


Manière dont, selon Freud, l’analyste doit écouter l’analysé : il ne doit privilégier a priori aucun élément du discours de celui-ci, ce qui implique qu’il laisse fonctionner le plus librement possible sa propre activité inconsciente et suspend les motivations qui dirigent habituellement l’attention. Cette recommandation technique constitue le pendant de la règle de libre association proposée à l’analysé.


Auto-analyse


Investigation de soi par soi, conduite de façon plus ou moins systématique, et qui recourt à certains procédés de la méthode psychanalytique – associations libres, analyse de rêves, interprétation de conduites, etc.


Auto-érotisme


A) Dans un sens large, caractère d’un comportement sexuel où le sujet obtient la satisfaction en recourant uniquement à son propre corps, sans objet extérieur : en ce sens on parle de la masturbation comme d’un comportement auto-érotique.


B) De façon plus spécifique, caractère d’un comportement sexuel infantile précoce par lequel une pulsion partielle, liée au fonctionnement d’un organe ou à l’excitation d’une zone érogène, trouve sa satisfaction sur place, c’est-à-dire :


1° Sans recours à un objet extérieur ;


2° Sans référence à une image du corps unifiée, à une première ébauche de moi, telle qu’elle caractérise le narcissisme.


Autoplastique – alloplastique


Termes qualifiant deux types de réaction ou d’adaptation, le premier consistant en une modification de l’organisme seul, le second en une modification du milieu environnant.



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