Une expérience spirituelle en psychanalyse

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Une expérience spirituelle en psychanalyse

Pascal Patry astrologue et thérapeute à Strasbourg 67000
Publié par Pascal Patry dans Psychanalyse · Mercredi 27 Avr 2022
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Une expérience spirituelle en psychanalyse

Ce court extrait est issu du livre de Jean-Claude Maleval "La forclusion du nom du père" aux Éditions du Seuil dans la collection champs Freudiens. Il est suivi d'un deuxième extrait de Rudolf Steiner.

Ces deux extraits souhaitent soulever deux choses importantes :

• La première c'est que dans les milieux "psychanalytiques" on prend très au sérieux les expériences psychiques qui dévoilent des pans entiers de la réalité, réalité que le grand public entend souvent sous le non de psychose. Or, la psychose c'est la réalité me disait mon professeur de psychanalyse. À un détail près, c'est qu'il faut trouver les mots justes dans cette réalité. Or, nous savons que dans la littérature il est souvent décrit des discours incohérents chez les personnes souffrant de psychose. Malgré cela, la psychose reste l'expérience de la réalité et des personnes de plus en plus nombreuses sont en mesure de la relater de manière intelligible et cohérente.

• La deuxième est que le penseur Rudolf Steiner avait déjà de son époque décrit cette réalité qui pouvait être perçue après avoir suivi un travail sur soi. Ce travail est décrit dans son livre l'initiation et mène à la clarté de la réalité en toute sécurité.

Le lecteur fera de lui-même les liens en lisant les extraits de texte de ces deux auteurs :

Jean-Claude Maleval : « Alors, dit-elle, l'énergie est montée de l’anus, du périnée, jusqu’à la tête, elle a traversé tout le corps par le milieu. Ça a fait boum. Quand ça a atteint le nez, j’ai eu l’impression de respirer dans le tout. Mon souffle se dégageait dans le vide. Il n’y avait plus de différence entre le plein et le vide.

Les paradoxes se conjoignaient, les contraires s’équivalaient, j’avais accès à l’être des choses, le ciel et l’enfer n’étaient plus qu’un, j’étais aussi légère qu’une plume et aussi compacte qu’un bloc. Ce n’était pas seulement le désir, c’était une ouverture de l’être.

À un moment, j’ai ouvert les yeux, j’ai vu une chaise, ce n’était plus une chaise banale, je la comprenais de l’intérieur, je touchais au divin, à une connaissance absolue dans l’instant. Je percevais les liaisons de toutes choses. J’avais accès à l’unité. Je pouvais prévoir l’avenir.

Ça augmentait toujours. Je me demandais jusqu’où ça allait aller. L’énergie est montée jusqu’en haut, jusqu’à la tête, alors ce n’était plus moi, mon ego s’est dissous. Mais l’expérience n’a pas été jusqu’au bout, l’énergie n’est pas sortie, je n’ai pas pu laisser mon corps. »

Rudolf Steiner : « D’autres forces de l’homme encore peuvent être détachées de ce qui est purement corporel-physique. Si c’est le penser, l’investigateur se ressent lui-même dans sa pure entité d’âme et d’esprit ; mais ce que les choses et les événements lui font vivre dans le monde de l’esprit relève d’une tout autre façon de percevoir que celle du monde ordinaire, où les objets sont là et nous face à eux.

Il n’en est plus ainsi à partir du moment où l’expérience psycho-spirituelle est celle d’un monde de l’esprit qui s’impose réellement avec la même nécessité que le font les couleurs et la lumière quand un aveugle-né vient d’être opéré. Non, le monde de l’esprit n’est pas vécu comme le monde extérieur.

L’expérience consiste à plonger dans les choses et les entités du monde de l’esprit avec tout son être, non à les avoir seulement en face de soi. [À un moment, j’ai ouvert les yeux, j’ai vu une chaise, ce n’était plus une chaise banale, je la comprenais de l’intérieur, je touchais au divin, à une connaissance absolue dans l’instant.]

On se dit alors : Tu les perçois en te répandant en elles en quelque sorte, et tu perçois ce qui est en elles sous la forme des images que tu contemples.

— On sent que toute perception est en même temps une recréation ; on se ressent perpétuellement agissant. C’est pourquoi cet éveil du monde des pensées imaginatives est comparé à une sorte de mimique spirituelle.

On s’arrache au corporel par son élément d’âme-esprit, mais le psychique-spirituel s’active sans cesse, descend dans les processus du monde spirituel et imite ce qui vit en eux en tant que forces ; on se sent relié aux êtres autant que le serait par exemple dans le monde physique quelqu’un qui saurait deviner ce qui vit en un autre, et qui serait en empathie avec lui au point que sa propre physionomie exprimerait le chagrin de l’autre, ou la joie de l’autre.

C’est ainsi que l’on vit en son âme-esprit ce que d’autres vivent, et que l’on devient soi-même l’expression de ce vécu. Par son propre jeu de physionomie spirituelle, on traduit soi-même l’essence des choses. C’est vers une forme active de perception qu’on est poussé.

Et l’on peut dire que l’investigation spirituelle exige de l’âme humaine bien plus que l’investigation scientifique extérieure, qui est passive à l’égard des choses, elle exige de l’âme d’être intérieurement active, de savoir plonger dans les choses et les entités, et elle doit prêter expression à ce qui, des choses, s’offre à elle. »

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Pascal Patry



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Pascal Patry
Praticien en psychothérapie
Astropsychologue
Psychanalyste

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67000 Strasbourg

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